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Guy Sahuc

Sabotier de pères en fils

Comme son grand-père et son père, Guy Sahuc perpétue la tradition en
fabriquant des sabots de bois au Brignon dans la Haute-Loire. Un
savoir-faire qui fait partie de son histoire et de sa vie.
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Guy Sahuc est né en 1938 dans une famille de sabotiers. Comme son grand père et son père, il s’est très vite passionné pour cette activité. « Mon père et ma mère ont eu neuf enfants et pour faire vivre cette grande famille, ils fabriquaient des sabots, remontaient les galoches et vendaient des fruits et légumes pour compléter leur revenu », explique Guy.

Le 10 mai 1944…


La vie n’a malheureusement pas été tendre avec cette famille du plateau volcanique dans le Puy-de-Dôme. Le 10 mai 1944, la famille Sahuc a vécu un véritable drame : un bombardement aérien survenu en plein milieu de la nuit sur le village du Brignon fait perdre la vie à sa mère et deux de ses frères. Une date inoubliable qui marquera à jamais la vie de Guy.
Blessé dans le bombardement qui a alors totalement détruit sa maison, son père Antoine ne pouvait plus assurer la fabrication complète de sabots en grande quantité, il s’est donc mis à acheter des sabots non finis aux saboteries mécaniques de Paulhaguet et de Saint-Julien-Chapteuil.
« A l’époque, mon frère aîné a commencé à aider mon père. Quant à moi, j’étais toujours dans les jambes de mon père en train de jouer avec des copeaux de bois », se souvient-il.

Des sabots à tous les pieds


En grandissant, Guy a pu participer davantage à l’activité de son père en assurant le ponçage, le vernissage et la vente des sabots. « Tous les jours, nous vendions de deux à quatre paires de sabots aux habitants du Brignon et une partie de Solignac-sur-Loire. A l’époque, on ne portait que des sabots, le cuir étant réservé à l’armée ! ».
1950 est une autre date importante dans la vie des Sahuc. Cette année-là marque en effet la fin de l’ère des sabots. « Avec l’arrivée des brodequins et des tracteurs, la jeunesse ne voulait plus de sabots. La consommation s’est mise à chuter. Nous avons alors élargi la gamme de marchandises de notre épicerie pour compléter notre revenu ». En 1957, son père décède. Sa sœur aînée ne réside plus sur le secteur tandis que son frère aîné devient le tout premier inséminateur du département de la Haute-Loire.
« Moi, à 19 ans et de surcroît mineur, j’étais donc devenu l’aîné des plus petits de ma famille et c’est ainsi que j’ai repris la fabrication de sabots et l’épicerie de mon père ». La vente de sabots continuait sa chute vertigineuse, mais qu’importe, Guy continuerait à perpétuer ce savoir-faire devenu une passion.
En 1959, Guy rencontre Jeanine, une jeune fille originaire de Saint-Paul-de-Tartas qui deviendra sa femme. Pendant quarante ans, de 1959 à 1993, Jeanine et Guy se sont consacrés à l’épicerie sans jamais mettre un terme aux sabots, dont la vente était devenue insignifiante. Après toutes ces années passées à la tête de l’épicerie, ils ont finalement décidé de vendre leur fonds de commerce. A 58 ans, Guy pouvait enfin se consacrer pleinement à sa passion : les sabots !
Il s’est donc remis à la fabrication mais de manière un peu différente de son père. « J’ai acheté deux machines d’occasion qui facilitent un peu le travail ». Contacté par les communes avoisinantes pour réaliser des démonstrations de fabrication de sabots, les ventes ont repris.

Les sabots avant les chaussettes


Aujourd’hui, peu de gens portent des sabots, mais certains, en particulier des personnes âgées, ont l’habitude de les utiliser pour jardiner ou pour se protéger du froid. Car la principale vertu du sabot de bois, c’est bien la protection contre les températures extrêmes (froid, chaud) et contre l’eau. « Le sabot est la chaussure la plus saine qui existe au monde. C’est une très vieille chaussure, qui existait avant les chaussettes ! » explique Guy Sahuc.
Les danseurs des groupes folkoriques font également partie de ses clients fidèles.
Très demandé à la belle saison, Guy réalise des démonstrations de fabrication et des ventes à l’occasion des fêtes de villages - les "vogues" - et parfois lors de manifestations agricoles. Sa passion l’a souvent conduit hors du département, notamment dans le Beaujolais, en Ardèche, sur les hauteurs de Nice, jusque dans le Nord… Une manière pour lui de perpétuer sa passion.




Tarifs et contact


Voici les tarifs des sabots fabriqués par Guy Sahuc :
- 45 € pour une paire de sabots pour homme ;
- de 36 à 40 € pour les femmes selon les modèles ;
- de 26 à 32 € pour les enfants.
Pour le contacter : tél. : 04.71.57.19.53 ; courriel : guy.sahuc0515@orange.fr









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