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La Tagnière

Saint André veille sur le village

Au cœur d’un paysage vallonné et escarpé, se niche la commune de La Tagnière. Un village fort d’une longue et riche histoire.
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Situé dans une cuvette entourée des hauteurs du massif d’Uchon, le village de La Tagnière s’ouvre sur une vallée où coule le ruisseau de la Planche, affluent de l’Arroux. Son nom viendrait du gallo-romain "Stagneria" qui évoque un lieu parsemé d’étangs. Ces derniers sont nombreux sur le territoire de la commune, barrant les ruisseaux qui convergent vers la vallée. Dès le Moyen-Âge, La Tagnière est une agglomération importante, commerçante et bourgeoise qui compte jusqu’à 1.061 habitants en 1896, contre un peu plus de 200 aujourd’hui. L’église Saint André est bâtie sur un socle rocheux. L’abside voûtée en cul de four et la travée de chœur sont du XIe, la nef rectangulaire du XIIe, les chapelles latérales, au nord et au sud de la nef, du XVIe, le porche, avec son clocher, et le berceau de la nef de la fin du XIXe siècle. Extérieurement, l’abside est empâtée dans un massif droit et la nef est bordée d’une corniche ornée de modillons dont quelques-uns sont sculptés. L’église dispose d’un mobilier de grande qualité avec, par exemple dans la chapelle méridionale, la Vierge en majesté portant l’Enfant Jésus sur le genou droit, dite Notre Dame de Bay, du nom de la chapelle d’un hameau près d’une fontaine sacrée.

Un château reconfiguré


A 500 mètres au sud du bourg, on remarque le château de Trélague qui tirerait son nom de sa situation géographique : les "tres laci" qui l’entouraient encore en 1829 étaient les étangs de Trélague, des Cloux et du Tabou. Il s’agit d'un ancien château fort construit sans doute au début du XVe siècle dont il reste le donjon flanqué de deux tours d’angle, agrandi d’un corps de logis construit certainement au XVIe siècle. Le seigneur de Montcenis, en 1399, avait fait bâtir son donjon par Perrot le Limousin, Jean Syméon et Jehan de La Cahotte. Sur l’extension ultérieure du château, une phrase d’un inventaire révèle que, par acte de justice de 1614, le seigneur de Trélague Bénigne Doyen avait décidé de fermer sa cour pour ne pas avoir à payer le droit de guet et de garde. En 1911, le propriétaire de Trélague, Camille Roche de La Rigodière, confie l’exécution de restaurations, de 1920 à 1926, à l’architecte Laffarge de Blois et à Edouard André, paysagiste. A l’intérieur, il rebâtit l’escalier d’honneur et fait poser dans le grand salon des lambris du XVIe siècle provenant d’un hôtel particulier du midi de la France. A l'extérieur, il ajoute des meneaux aux baies et crée un deuxième étage dans les combles.