Se méfier du « tout végétal »
l’environnement. De combattre la faim dans le monde. Des motivations
hygiénistes, écologiques, économiques, éthiques, voire spirituelles…
Prudence quand même : il y a plusieurs sortes de végétarisme. Avec des
avantages potentiels et des inconvénients réels.

C’est un peu plus compliqué mais tout à fait gérable pour le fer et la vitamine B12. En revanche c’est un véritable problème pour les régimes végétaliens (ou « véganiens »), qui excluent poisson, œufs et produits laitiers. Le fer d’origine animale est 4 à 5 fois mieux absorbé que le fer d’origine végétale. Et la vitamine B12 n’est pas présente dans les végétaux. Le risque de déficience ou de carence est très élevé ; avec en perspective l’anémie, voire des atteintes neurologiques. Autres risques : les carences en calcium, iode, zinc, acides gras essentiels comme les oméga 3 …
Les enfants sont encore plus menacés que les adultes par le tout végétal qui leur est tout à fait déconseillé. Notamment pour la croissance et la santé osseuses. Un régime sans produits laitiers peut fournir au maximum 500 mg de calcium par jour. Alors qu’il en faut au moins 800 mg, voire 1.000 à 1.200 mg chez les adolescents. Des besoins identiques à ceux des femmes après la ménopause et à ceux des personnes âgées. Chez les enfants, les substituts au soja ou les jus d’amandes ne peuvent remplacer les produits laitiers. Chez les adultes, le calcium des végétaux est très mal absorbé et ses apports sont insuffisants. Nutritionnellement parlant, mieux vaut conserver le plus possible une alimentation très diversifiée !
Le végétarisme, bon pour la santé ?
Les études montrent que les lacto-ovo-végétariens sont globalement en bonne santé et ont, par exemple, un risque plus faible de maladies cardio-vasculaires que les omnivores. Difficile cependant d’attribuer ces bénéfices à la suppression de la viande. Il semble qu’ils soient surtout le fait d’un mode de vie plus sain : pas de tabac, pas ou peu d’alcool, pas d’excès alimentaires, plus d’exercice physique. Si tous les omnivores en faisaient autant, ils auraient probablement des résultats similaires (1) ! Quant aux végétaliens, on ne sait pas grand-chose sur leur état de santé faute de données, mais on peut supposer qu’il n’est pas optimal. Ainsi les végétaliens anglais ont un risque de fracture supérieur de 30% par rapport aux omnivores et lacto-ovo-végétariens, sans doute essentiellement du fait d’apports calciques faibles et peu assimilables par l’organisme.
Nouvelles études, nouveaux risques…
- Plus d’acide urique chez les végétaliens. L’étude européenne EPIC révèle que les taux d’acide urique sont plus élevés chez les adeptes du véganisme que chez les mangeurs de viande (2) . La consommation de produits laitiers (exclue par les végétaliens) est quant à elle associée à de faibles taux d’acide urique. Les taux les plus faibles sont observés chez les adeptes du régime lacto-ovo-végétarien et chez les mangeurs de poisson. Des taux élevés d’acide urique peuvent être à l’origine de la goutte. Ils ont aussi été corrélés – sans lien causal cependant - à des maladies chroniques du rein, des affections cardiovasculaires et des cancers… - Moins d’immunité chez les enfants végétariens. L’alimentation joue un rôle important dans la réponse immunitaire. Chez les enfants végétariens, un faible statut en fer peut conduire à une diminution des taux sanguins d’immunoglobulines 3 . Les apports alimentaires de zinc, de cuivre et de vitamine B6 ont un impact favorable sur l’immunité, mais le bénéfice est plus net chez les enfants qui « mangent de tout »…
1. Liv(e). Nutrition & santé. Les Lettres d’Info Valorial n° 66, février 2013. 2. Schmidt JA, et al. PLoS One2013 ;8(2) :e56339. 3. Gorczyca D, et al. Clin Pediatr 2013 ;52(3) :241-246.