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Agrioccasions, les occasions agricoles

Souveraineté alimentaire : un fonds face à la guerre agricole

<B>Souveraineté alimentaire : un fonds face à la guerre agricole</B>

À l'occasion du lancement des « Conférences de la souveraineté alimentaire » le 8 décembre, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a proposé de créer un « fonds souverain agricole ». Ce fonds pourrait « permettre aux épargnants qui aiment les agriculteurs de choisir d’investir dans leur alimentation », d'« inciter les acteurs de l’aval et de la distribution, l’État lui-même, à contribuer aux financements des investissements de leurs fournisseurs pour sécuriser leurs approvisionnements ». La proposition fait écho à celle portée par Laurent Duplomb en 2024, de créer un « livret Agri », livret réglementé sur le modèle du livret de développement durable et solidaire, afin de faciliter l’accès à l’emprunt du secteur agricole et agroalimentaire à des conditions avantageuses, notamment à l’heure du renouvellement des générations.D'autant plus que « si nous sommes réunis ici, c’est que la guerre agricole se prépare », a déclaré la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, dans un discours au vocabulaire martial, dessinant une stratégie agricole nationale sur dix ans. L’actualité mondiale – guerre en Ukraine, politique douanière américaine, taxes chinoises – dissipe « l’illusion » d’une prospérité durable, sur fond de pressions climatiques ou encore démographiques. « La guerre entre armées ramène avec elle la guerre des champs », a poursuivi la ministre, inscrivant ensuite la Ferme France dans une potentielle économie de guerre. « La guerre, il nous faut nous y préparer ; si elle éclate, c'est sur les agriculteurs, eux seuls, qu'il faudra compter », a déclaré Annie Genevard, avant de dépeindre l'état de la Ferme France. Sur le fond, la ministre a simplement appelé à produire davantage, balayant le discours d'Emmanuel Macron prononcé sept ans plus tôt à Rungis sur la montée en gamme, qu'il avait lui-même amendé depuis. Évoquant les débats sur les modèles agricoles, Annie Genevard prendra des accents presque nationalistes : « Quand je dis produire plus, il y a toujours quelqu'un pour dire : productivisme, malbouffe. C'est une trahison de la nation que dire cela ». Changement de ton également sur les pesticides. La ministre de l’Agriculture a menacé d'appliquer des mesures miroir à l'échelle nationale en matière de limites maximales de résidus (LMR) si les discussions à l'échelle européenne n'aboutissaient dans ce sens.