Un autre regard sur le bocage bourguignon
Simplification et rentabilité
Le renchérissement des énergies fossiles et l’évolution du contexte climatique et environnemental amènent maintenant à considérer différemment les éléments d’un bocage bourguignon qui pourrait être mieux exploité au regard de son potentiel énergétique. « Une haie peut être rentable économiquement », explique Etienne Bourgy, de la FDCuma de la Nièvre, en charge plus spécifiquement, avec Etienne Lalanne, de la chambre d'agriculture de Saône-et-Loire, de la mise en oeuvre des quatre journées départementales organisées par les chambres d’agriculture de Bourgogne et la FDCuma 58. « L’entretien des haies est un poste de charge important en termes de coûts et de temps » détaille Etienne Bourgy, « Il est souvent assuré contraint et forcé, sans en tirer aucun parti. Mais on peut passer à un autre stade de valeur ».
Les matériels ont évolué, ils permettent une simplification de l’exploitation des haies, reste à faire évoluer le regard des exploitants sur les principaux éléments du bocage qui peuvent générer de nouvelles ressources. « Le potentiel de ressources du bocage n’est pas toujours exploité » confirme Etienne Lalanne, « et le changement de pratique de la haie basse, telle qu’elle est taillée aujourd’hui, à la haie haute, pour une valorisation en bois plaquettes comme litière ou pour produire de l’énergie, représente un vrai changement de culture ».
Le bois déchiqueté : une solution performante et économique
Etienne Bourgy revient sur les objectifs de ces journées : « montrer les ressources possibles d’une haie qui peut être rentable économiquement sous certaines conditions et démontrer que les matériels existants peuvent en simplifier et en optimiser l’exploitation ». Les démonstrations et les exposés devraient répondre à toutes les questions que les exploitants en charge de l’entretien d’un bocage peuvent se poser :
- quelles ressources peut-on trouver dans la haie et pour quelle utilité : la production de piquets, la production de bois de chauffage, de bois d’œuvre, la production de plaquettes pour le chauffage ou le paillage… et comment valoriser cette ressource ?
- A quelles conditions peut-on valoriser cette ressource inexploitée et la rentabiliser, comment gérer les éléments du bocage bourguignon afin d’en dégager une valeur économique optimale ?
Les exposés techniques, les témoignages, les visites et les démonstrations de matériels qui émailleront chacune de ces journées dans les quatre départements de Bourgogne vont apporter des réponses précises à ces questions essentielles. Avec une certitude, le bois de bocage représente une ressource de plaquettes qui peut être utilisée pour le chauffage comme pour le paillage. Le bois déchiqueté représente ainsi une solution performante pour valoriser bois et branchages pour le chauffage. Le confort, l’autonomie, le rendement et une production mécanisée sont les atouts de la filière bois déchiqueté. La haie, bois non marchand (aulnes, châtaigniers, saules, élagages de grands arbres…) peut maintenant être transformée en plaquettes de façon moderne et rationnelle et trouver ainsi un débouché intéressant pour le chauffage des habitations, des bâtiments professionnels agricoles ou des espaces collectifs en zone rurale. A cela quelques conditions : simplifier la récolte du bois en réduisant le temps des chantiers et améliorer l’entretien des haies de boisement en valorisant l’ensemble du bois disponible, y compris les branchages.
« C’est parce que le bois retrouve une place économique et technique dans le système agricole qu’il faut s’interroger et exploiter différemment la haie afin d’en tirer profit » ajoute Etienne Bourgy. En autoconsommation, cette exploitation permet de s’affranchir en partie du coût énergétique « marchand ».
Etienne Lalanne insiste également sur la production et l’utilisation des plaquettes bois, en complément du paillage, pour les exploitations d’élevage. « L’accent sera également mis dans ces journées sur la valorisation du bois plaquettes comme litière, avec des témoignages d’agriculteurs ayant expérimenté cette technique ». Au final, il s’agit donc bien de présenter tous les services que peut rendre une haie en production, ce qui devrait amener à considérer et à entretenir différemment les divers éléments du bocage présents sur l’exploitation.
Quatre journées départementales
Nièvre : le 13 septembre à Epiry, chez Monsieur Guillien.
Saône-et-Loire : le 14 septembre à la Maison communale de Fontenay.
Côte-d’Or : le 15 septembre au Pôle agricole de Créancey.
Yonne : le 16 septembre à la salle communale “les 3 âges” de Saint-Privé.
Programme commun aux journées :
9 h – 12 h 15 Ateliers techniques en salle
- Le potentiel en biens et services du bocage bourguignon (CUCM – réseau bocage de Bourgogne – CRPF, ONF, etc.)
- Le bois du bocage : une ressource de plaquettes pour le chauffage, le paillage… (FDCuma 58 – Témoignages d’agriculteurs équipés – Espace info énergie…)
- La voie de la rentabilité pour la haie (FDCuma 58 – CRPF – ONF – Fédération départementale de la chasse)
- Les aides financières du “Plan bocage et paysage régional” (conseil régional de Bourgogne)
Repas (de 15 à 20 €) : inscription obligatoire auprès de la chambre régionale.
14 h - 17 h 30 Démonstrations sur le terrain
- La richesse de la haie à découvrir (PNR du Morvan – EPOB – LPO – FDC…)
- Démonstrations de matériels : grappins-coupeurs, grappins débardeurs, déchiqueteuses à grappin, pailleuse avec plaquettes (animation par le relais agri-énergie).
- Les aides financières pour s’équiper du plan énergie climat Bourgogne (ADEME).
- Visite d’une chaudière à plaquettes.
17 h 30 Pot de l’amitié.
Programme et bulletin d’inscription (obligatoire) sur : www.bourgogne.chambagri.fr
Cette journée bénéficie d’un financement européen dans le cadre du Feader. Partenaires : Conseil régional de Bourgogne, ADEME, Réseau Bocages de Bourgogne.