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Bresse-sur-Grosne

Un château comme vaisseau amiral

Au fond de la vallée de la Grosne, entre cette rivière et le Grison, s’élève en travers de la plaine une colline boisée au pied de laquelle se dresse un vaste château dont la construction remonte à la fin du Moyen-Âge. Le donjon domine tout le reste de l’édifice. Sa construction remonte au XIIIe siècle à en juger par deux fenêtres à colonnettes dans sa façade occidentale. La tradition rapporte qu’un seigneur de Bresse - commune qui doit son nom à la famille de Brecis ou Bressis installée au XIe siècle - ayant longtemps servi sur les galères du roi a voulu, lors de son retour dans ses foyers, disposer d'une demeure qui lui rappelât le vaisseau sur lequel il avait passé une partie de son existence. A l’image des anciennes galères, le château a les flancs arrondis et une tour semble même former la proue et le gouvernail. Cet édifice a été restauré et agrandi aux environs de 1875. Il se compose d’un corps de bâtiment et de deux ailes en retour. Tout près du château se trouvait la chapelle castrale romane du XIIe siècle qui était aussi l’ancienne église paroissiale. Elle fut pillée pendant la Terreur par une bande de révolutionnaires venus de Saint-Gengoux ou Jouvence. Des statues de saint furent brûlées et brisées sur place. Vers 1860, la bâtisse tombait en ruine. Victor de Murard la rénova dans le style néogothique du XIXe et en fit une chapelle privée.
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Echange standard


L’ancienne église était placée sous le vocable de saint Pancrace, jeune chrétien martyr à Rome sous Dioclétien vers 304. Elle était du chapitre de Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône par bulle d’Alexandre III en 1180 et de l’archiprêtré de Brancion. La commune de Colombier-sous-Uxelles fut réunie pour le culte à Bresse par une ordonnance de l’évêque d’Autun en 1804. Mais cette construction, vétuste, était de taille insuffisante. Le projet d’agrandissement de 1819 fut refusé par le préfet. La famille Murard, devenue propriétaire du château en 1800, proposa un échange entre la vieille église sur son terrain et une parcelle de terre avec jardin au centre du village, destinée à la construction d’un nouveau lieu de culte. Le propriétaire - à la condition qu’y soit fondée une chapelle à son nom - s’engageait à la financer. La commune accepta. L’acte fut signé en 1861. Enfin, parmi les trois lavoirs abrités par le village, on remarquera plus particulièrement celui du bourg qui dispose de deux arcades en ogive, mais aussi le lavoir du château avec pierres, briques et enduits qui composent une polychromie légère.

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