Un créateur qui rayonne dans le monde entier
« Cela m’a plu. J’ai acheté un tour et j’ai commencé par fabriquer de petits objets du type bols, boites… Les gens qui les ont vus ont souhaité me les acheter. J’ai débuté par des marchés locaux et des expositions de proximité ». Au printemps 2004, il a l'opportunité d’échanger avec un tourneur réputé. En l’occurrence Richard Raffan. Cette rencontre lui apporte énormément dans les domaines du design et de la production. Il reste en contact avec lui et sera son assistant lors d’ateliers en France et aux Etats-Unis. En 2005, il est convié à participer au Symposium de tournage sur bois de Provo (Etats-Unis) durant lequel il expose et assure des démonstrations. Il apprend énormément lors de ce voyage, croisant des collègues du monde entier. Cela le conduira à être invité de nouveau à l’étranger pour des démonstrations et autres expositions. En 2006, sélectionné avec onze autres jeunes artisans parmi plus de deux cent participants, il est lauréat du concours national Jeunes créateurs administré par les Ateliers d’Art de France. Récemment, l’association américaine de tournage sur bois lui a remis un "Purchase award" et son travail intègre la collection permanente de l’AAW (American Association of Woodturner).
Du tournage à la sculpture
Rapidement, Benoît Averly a choisi d’étendre son domaine d’action à la sculpture. « C’était le moyen d’exprimer mes envies à travers la création. Aujourd’hui, je ne fais quasiment plus de tournage ». Dans la réalisation de ses pièces, il est attentif aux lignes et aux formes. Il aime les contrastes forts, les jeux d’ombre et de lumière, le noir et le blanc. Inspiré par l’architecture, il construit ses pièces avec rigueur et sensibilité dans un esprit contemporain. Ses créations, pièces à poser ou pièces murales pour la décoration, s’intègrent dans des intérieurs aussi bien modernes que classiques. Il travaille sur-mesure, entre commandes (un tiers) et créations, à partir de bois locaux que sont le chêne, le frêne, l’érable ou encore le merisier « pour leur rendu et leur proximité. L’idée est de faire des formes simples et de créer des pièces destinées à la décoration d’intérieur. Il s’agit de ne pas surcharger le lieu de vie, avec des pièces à la fois simples et apaisantes ».
Quant au matériel utilisé, rien d’extraordinaire puisqu’il manie aussi bien la tronçonneuse que la scie à bois, le rabot électrique, la disqueuse et « beaucoup de fraise. » A l’arrivée, il obtient des créations, soit en bois naturel, soit utilisant la cire à bois. Il a également recours à des pigments ou encore au chalumeau pour brûler le bois.
Paris comme vitrine
Ne travaillant que très peu en direct avec les particuliers, Benoît Averly participe chaque année aux deux éditions du salon professionnel parisien "Maison et objet" en septembre et janvier. L’occasion de rencontrer des architectes d’intérieur « qui sont les gens que je recherche ». Alors que ses créations sont à 50 % destinées à la France, l’autre moitié se balade dans le monde entier, des Emirats à la Corée du Sud en passant par le Mexique, la Russie, le Liban, les Philippines, le Portugal, l’Espagne, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, la Belgique, l’Italie et même l’Inde. Pour ce qui est du futur, Benoît Averly espère « pouvoir continuer à vivre de ce travail. J’ai un certain confort. On ne peut pas ne pas être épanoui lorsque l’on fait un tel métier. Et il n’y a pas de plus grande satisfaction que de sortir de son atelier avec une sculpture finie. Côté envie, il s’agirait peut-être de travailler un jour d’autres matières ».