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David Giraudon

Un dessinateur loin d’être cliché

Depuis maintenant trois décennies, David Giraudon réussit à pleinement s’exprimer à travers les dessins, aquarelles et autres peintures. Avec le talent de faire passer des émotions par la magie de quelques coups de crayons.
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Si certains naissent avec une cuillère d’argent dans la bouche, il n’en est rien pour David Giraudon. Pas de proche, en effet, qui aurait pu le guider dans la voie qu’il s’est tracée depuis qu’il avait tout juste six ans : le dessin. « Mes parents étaient dans la restauration. C’est presque naturellement que j’ai commencé à dessiner enfant ». Cela lui permettait de s’évader, d’avoir son propre monde imaginaire, lui qui partait à douze ans avec son chevalet pour réaliser des pastels dans la nature. Après s’être inscrit dans une école d’art dans la cité préfectorale à quatorze ans, il passe naturellement un bac A3 section arts plastiques. « Mes parents m’ont toujours soutenu ». Il monte ensuite sur Paris pour intégrer l’École supérieure d’arts graphiques (ESAG), connue également sous le nom d’atelier Penninghen. « Plutôt que de faire les beaux-arts, j’avais envie de m’intéresser à l’illustration hyper réaliste, à la bande dessinée ou encore au cinéma ». Pendant cinq années –c’est-à-dire deux années de prépa et trois autres de spécialisation–, il étudie aussi bien le dessin que le croquis de nu, la calligraphie, la typographie, l’infographie, la mise en page et la direction artistique. « C’est très difficile de rester dans cette école. Il faut apprendre à travailler très rapidement dans différentes matières ». Une formation où il côtoie d’excellents enseignants parmi lesquels on retrouve des professionnels reconnus à l’image de Jean-Paul Goude ou Etienne Robial.
En dernière année, il est contacté par l’agence de Yann Arthus-Bertrand pour réaliser un carnet de croquis du tournoi de Roland Garros pour le livre officiel. Une expérience qu’il renouvellera en 2000. Après avoir présenté son travail de fin d’études qui avait pour sujet Jack l’éventreur, David Giraudon décroche son diplôme devant un jury international. Il peut dès lors aller sur le marché du travail avec quelques solides références.

De prestigieuses collaborations


Sa première collaboration a pour cadre la prestigieuse maison d’édition Gallimard. Il s’agit d’illustrer le livre "Retour à Ithaque" de Jean-Paul Nozière. Par la suite, on découvre son travail dans "La terre racontée aux enfants" de Yann Arthus-Bertrand (de la Martinière jeunesse), "Le secret de Djem Nefer" d'Alexis de Rougé (Gallimard), "L’abbaye de Cluny" de Corinne Albaut (Éditions du patrimoine) ou encore "Les carnets d’aquarelles de Mâcon et Cluny" dans la collection Invitation à la flânerie chez JPM Éditions. Cette dernière entreprise sera son employeur pendant quatre années, de 2002 à 2006, dans la fonction de directeur artistique. « J’ai beaucoup appris. Je me suis notamment rapproché de la réalité industrielle ».
Suite à la fin d’activité de la société, David Giraudon reprend à plein temps son activité "free lance" qu’il n’avait jamais abandonnée. Cela lui permet de pleinement exprimer la multiplicité de ses talents en illustrant des ouvrages, en travaillant pour des marques de parfums aussi renommées que Cacharel, en faisant un crochet dans le monde des jeux vidéo, de la publicité et des livres d’enfant. Sans oublier la création d’étiquettes de vin. « Je m’amuse beaucoup. C’est un terrain particulièrement fertile ». Un univers agricole et viticole qu’il connaît aussi.
On n’oubliera pas non plus qu’il a mis en image les expositions "Le fabuleux destin des aventuriers et explorateurs bressans" au Musée Chintreuil et "Mille ans de travaux à l’abbaye de Cluny". En outre, sa passion pour les arts graphiques l’amène à créer des visuels pour la communication d’institutions, des logos et des identités visuelles pour les entreprises, des décors et des images de marques pour des produits industriels. On retiendra notamment l’affiche 2009 de "L’été Frappé à Mâcon". « Je m’investis toujours pleinement dans le travail que l’on me commande ».

Un retour aux sources


Même s’il reconnaît le confort de travail apporté par l’ordinateur, David Giraudon souligne, que « de plus en plus, j’aime prendre mon temps avec mon papier et mon crayon. La bonne idée vient aussi de la simplicité ». En parallèle de son métier, il dit aimer faire à titre personnel « des aquarelles, des paysages, des portraits, des tableaux. Pour le plaisir ». Des créations que l’on peut retrouver dans le magasin Autres ambiances tenu par sa mère à Chalon-sur-Saône. « Il s’agit d’une respiration, avec un côté plus spontané. J’aime bien cette diversité, l’image et le fait de dessiner sur le vif. Il se passe alors quelque chose d’assez fort en moi ». Lorsque l’on évoque le futur avec David Giraudon, il souligne combien il est « heureux actuellement de la confiance de mes clients. Pourvu que cela dure. L’un de mes souhaits est de continuer à faire des livres illustrés sur des villes et des villages ».

L’ESAG Penninghen quesako ?


L’École Supérieure de design, d’art graphique et d’architecture intérieure (ESAG) Penninghen forme des professionnels créatifs de haut niveau. L’école délivre deux diplômes de niveau Master : un diplôme de directeur artistique en art graphique et design numérique, un diplôme d’architecte d’intérieur-designer. Membre du réseau Cumulus depuis 1991, membre fondateur de l’association Cumulus (association internationale des universités et écoles d’art, de design et média) et de France Design éducation, l’ESAG Penninghen reçoit chaque année des étudiants venant du monde entier. S’appuyant sur un enseignement rigoureux des fondamentaux, la formation contribue et soutient la recherche personnelle, informe et forme aux métiers de la création en phase avec les exigences de sociétés en constante évolution.


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