Un pari possible à relever
La force de l’exemple
En la matière, le conseil général de Saône-et-Loire entend donner l’exemple en menant plusieurs démarches concrètes, en travaillant notamment sur le sujet des circuits via le PICC (Pôle d’innovation Circuits courts). L’idée étant non seulement de privilégier les circuits courts, mais aussi de développer l’approvisionnement local et de mettre en cohérence les circuits courts dans le contexte touristique et économique. On peut ainsi retenir cinq grandes actions : qu’il s’agisse du panier fraîcheur mis en place avec la SNCF, de la collation lors du Don de sang, de l’action en faveur des collèges, de la quinzaine du fromage de chèvre et de la charte avec la grande distribution. « Les circuits courts existaient peu en Saône-et-Loire », observe Vincent Poyet, chargé du développement durable à la collectivité territoriale, pour qui « il y a nécessité de montrer que cela fonctionne. Il y a un important travail de communication à faire. Il est nécessaire d’avoir une vraie persévérance de la part des acteurs ». Par ailleurs, Véronique Badet, coordinatrice départementale de prévention des déchets, a présenté la démarche visant à moins jeter au sein des collèges. Avec, à la clé, le compostage des bio-déchets en restauration scolaire. L’opportunité de présenter l’exemple du collège Saint Exupéry à Mâcon qui procède à un compostage électromécanique, le premier du genre en France.
Des initiatives porteuses d’espoir
Du côté du Pays chalonnais, on notera également la mise en place d’une démarche circuits courts. Lancée en novembre 2010, elle a consisté dans un premier temps en un état des lieux. Puis, dans un deuxième temps, à une rencontre entre les cuisiniers d’une vingtaine d’établissements et des agriculteurs. La troisième étape sera l’occasion de mettre en place des repas "test" avec des produits locaux, puis de créer un lien entre agriculteurs et cuisiniers pour permettre à ces derniers de se fournir régulièrement en produits locaux. L’étape ultime visant à constituer des filières régulières d’approvisionnement.
Vice-président de la Com de Com du Clunisois, François Bonnetain a exposé ce qu’est l’opération "Cantines en mouvement" dans les classes primaires. « Nous avons la volonté d’améliorer la qualité des repas. Nous sommes actuellement dans une phase d’expérimentation. Cela a représenté un repas par mois pendant six mois. Puis deux repas jusqu’en décembre. Ensuite quatre par mois à partir de décembre ». À noter que les producteurs locaux associés à cette démarche font en sorte de se regrouper pour limiter le kilométrage lors de la livraison des cantines.
Slow food contre malbouffe
Représentant Slow food Portes de Bourgogne, Éléonore Sauvageot a profité de cette journée pour présenter son mouvement. Fondée par Carlo Petrini en 1986, Slow Food est devenue en 1989 une association internationale. Elle compte aujourd’hui 83.000 membres répartis dans 107 pays. Cette structure s’attache à redonner une légitimité au plaisir de manger en apprenant à redécouvrir la richesse des recettes et des saveurs, à reconnaître la diversité des lieux de production et des producteurs, à respecter le rythme des saisons et des plaisirs de la table. Le concept d’éco-gastronomie traduit la capacité d’allier le respect de la culture gastronomique et œnologique au soutien à ceux qui s’emploient à défendre la biodiversité agroalimentaire dans le monde. Les aliments promus par l’association sont des produits bons, propres et justes : remarquables du point de vue gustatif, respectueux de l’environnement et assurant de conditions équitables au producteur.
Slow Food souligne, par ailleurs, l’importance de l’éducation au goût comme meilleure arme contre la dégradation de la qualité alimentaire et comme meilleure marche à suivre face à la standardisation de l’alimentation. Elle travaille à la sauvegarde des cuisines locales, des productions traditionnelles, des espèces végétales et animales en danger d’extinction. Le réseau de Slow Food est réparti en sièges locaux –nommés Condotte en Italie et Conviviums dans le reste du monde– qui se chargent d’organiser des cours, dégustations, dîners, voyages, de promouvoir les campagnes lancées par l’association au niveau local et de participer aux grands événements organisés au niveau international. Plus de huit cents conviviums Slow Food sont actifs. Slow Food France, fondé en 2003, ressemble environ 2.000 adhérents qui se réunissent autour des initiatives de trente-cinq conviviums locaux.