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Festival 'L'Ici et l'ailleurs'

Un regard sur la ruralité

Du 23 au 29 mars, le festival "L'Ici et l'ailleurs" parcourra la Bresse bourguignonne. Notons toutefois sa halte au château de Pierre-de-Bresse, dimanche 25 mars, où il abordera, avec un parti pris, la question de l’agriculture et de la ruralité… De quoi inviter à la réflexion.
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Depuis plusieurs années, le festival "L'Ici et l'ailleurs" –il en est à sa 8e édition– s'est imposé comme un moment fort pour toutes celles et tous ceux qui apprécient le cinéma, le septième art. Du 23 au 29 mars, il propose de nombreux rendez-vous (se référer au programme ci-dessous). S’il est impossible de passer chacun en revue, attardons-nous sur le volet agricole et rural de ce rendez-vous.
Le festival fera ainsi une halte au château de Pierre-de-Bresse pour projeter, le dimanche 25 mars, dans la salle de concert et en présence de leurs auteurs, le film "La faim des paysans, une ruine programmée", à 14 h 30. Ce film de Clément Fonquernie et Bruno Portier aborde la question récurrente de la pauvreté, de par le monde, de ceux-là même qui sont en charge de nourrir l’humanité, les producteurs de produits agricoles.
Il y a en effet aujourd’hui un milliard trois cent trente millions d’agriculteurs, de paysans, dans le monde. Avec leur famille, ils forment rien moins que la moitié de l’Humanité ! Pourtant, plus de huit cents millions d’entre eux n’ont de fait pas suffisamment à manger pour vivre, en particulier dans les pays du Sud. Au Nord, la situation est différente : sans les soutiens accordés au travers des politiques agricoles, la grande majorité des agriculteurs aurait déjà disparu. « Comment est-il possible de souffrir de la faim quand on est soi-même producteur de nourriture ? Et pourquoi tant de paysans n'arrivent-ils pas à vivre de leur travail ? », interrogent fort justement les deux cinéastes. À travers le portrait de trois agriculteurs, un Burkinabé, un Américain et un Français, leur film montre comment la politique actuelle des prix agricoles accroît la faim dans le monde, et cela sans pour autant permettre aux paysans des pays riches de tirer leur épingle du jeu. « Une situation absurde qui pourrait être lourde de conséquence. Car si au Nord, les agriculteurs qui font faillite peuvent espérer trouver un autre travail en ville, au Sud, les paysans n’ont d’autre choix que de s’accrocher à des cultures qui ne leur rapportent plus assez pour vivre et pour moderniser leurs outils de production ».
Ce point de vue mérite d’être traité, sans tabou, sans idéologie préconçue, même si, cela va de soi, les cinéastes ont, eux, voulu faire partager leur analyse. Sans doute par amour d’un monde paysan qui, au grès des crises, souffre dans l’indifférence générale, ici chez nous, d’une société d’abondance…

Chroniques bressanes…


Cet après-midi se poursuivra, après cette première projection, par celle, à 15 h 45, des "Chroniques bressanes", un film réalisé par les élèves de l’atelier documentaire du collège Olivier de la Marche à Saint-Martin-en-Bresse. Le thème retenu par les jeunes est "Avoir dix ans en Bresse, un jour de pêche". Le film s’attarde à la transmission d'un savoir et d'une passion par le geste et la parole, le tout en patois bressan !

Paul dans sa vie


Troisième projection, celle du film "Paul dans sa vie" de Rémi Mauger. Ce film a été distingué à plusieurs reprises, il a ainsi reçu le Fipa d’argent en 2005 (Fipa pour Festival international des programmes audiovisuel) ou encore le Prix Découverte Scam en 2006 (Scam pour Société civile des auteurs multimédia). Un film ethnographique qui part à la rencontre de Paul Bedel, âgé de près de soixante quinze ans. Il est vieux garçon, paysan, pêcheur et bedeau. Il vit dans une ferme d'un autre âge avec ses deux sœurs cadettes, célibataires elles aussi. Ils demeurent à Auderville, le dernier village du cap de la Hague. L’air y est vif, les vents imprévisibles, le granit rugueux, l’horizon immense. À terre, des murs de pierre sèche dessinent une mosaïque de parcelles minuscules. Le paysage normand évoque l’Irlande.
C'est ici au pied de leur maison que s'est implantée l'usine nucléaire qui a offert à ce coin du monde une célébrité sans frontières. Paul, comme bien d'autres jeunes cultivateurs de son âge, aurait alors pu trouver une échappatoire à son labeur, mais il n'a pas répondu aux sirènes. L'usine, il lui tourne le dos. Il a fait sa vie sans elle, préférant suivre simplement son chemin dans une très grande économie de moyens. Il a résisté à sa manière, sans aigreur ni rebuffade. Au XXIe siècle, dans la tribu Bedel, on trait encore ses vaches à la main, on fait son beurre en baratte et la moisson avec du matériel d'avant-guerre. Mais cette année, tout le village ne parle que de ça : « ils raccrochent, ça va faire un vide dans le paysage ».
Le film vogue entre nostalgie d’un temps passé que seuls ceux qui ne l’ont pas vécu aimeraient revoir, et idéalisme un brin naïf. Le personnage est attachant ; il a une réelle philosophie, que l’on partage ou pas, mais qui invite à la réflexion.
Enfin, la journée se clôturera par l’annonce, à 18 h 00, par le président du Jury, Hervé Guérin, producteur à France Télévision, du film "Plume d’Or" 2012. À l’issue de la remise des prix, le verre de l’amitié clôturera la journée et permettra à chacun d’engager des débats.
Mais le festival "L’ici et l’ailleurs", ce n’est pas que cela, loin s’en faut. Les amateurs peuvent retrouver l’intégralité du programme sur www.licietlailleurs.com ou par téléchargement sur Agri71.fr.
Cet après-midi du 25 mars retiendra forcément l’attention de nombreux agriculteurs ou anciens agriculteurs : on va y parler de leur "monde", de leur métier, avec des regards qui, parfois peuvent différer du leur, parfois s’en approcher. Mais, pour tous, cette journée –et plus largement le festival "L’ici et l’ailleurs"– offre une formidable occasion d’ouvrir une réflexion, d’engager un dialogue avec des sphères différentes de celles que le monde agricole et rural a l’habitude de côtoyer. Une chance d’un dialogue renforcé, donc.








Informations pratiques


Projections offertes avec le billet d’entrée acquitté à l’Écomusée de la Bresse bourguignonne et ce dans la limite des places disponibles.


Adulte : 7 € ; moins de 18 ans et adhérents : gratuit.


Pour tout renseignement, contactez l’Écomusée de la Bresse bourguignonne, château départemental, 71270 Pierre-de-Bresse ; tél. : 03.85.76.27.16 ; site : www.ecomusee-de-la-bresse.com



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