Constructions en chanvre
Une incontestable montée en puissance
Omniprésent dans les campagnes vers 1850, le chanvre a pratiquement disparu en Europe en 1960. Seule la France a alors conservé une petite production. Bien que les surfaces restent aujourd’hui très modestes, cette culture fait néanmoins l’objet d’un intérêt croissant.
Étant sans doute l’une des cultures les plus anciennes que l’Homme ait pratiqué, le chanvre couvrait à la fin du siècle dernier près de 176.000 hectares en France, dans presque toutes les régions. Il s’agissait d’un acteur incontournable du quotidien et de l’économie, offrant de nombreux usages, depuis les vêtements et les draps jusqu’aux cordages et aux voiles pour la marine en passant par l’huile d’éclairage. Malgré cela, l’importance du chanvre a rapidement diminué à la fin du XIXe siècle, faute à la disparition de la marine à voile, à la concurrence des fibres exotiques, puis synthétiques, et à la prohibition interdisant la culture aux États-Unis ainsi que dans la plupart pays occidentaux. Avec pour conséquence, la quasi-disparition du chanvre de nos paysages en 1960. N’interdisant jamais cette culture, la France l'encadre alors par la qualification des variétés cultivables et l’organisation de circuits de production, ce qui permet non seulement de remettre en route une production industrielle à partir de 1973, mais surtout d’acquérir de nombreuses compétences. Notre pays est aujourd'hui le premier producteur européen.
Des avantages multiples
Capable de donner plus de dix tonnes de matière sèche par hectare en quelques mois, sans traitement phytosanitaire et sans malmener les sols, le chanvre est une plante respectueuse de l’environnement même en culture industrielle. Grâce à sa vitalité, les apports en engrais dits chimiques sont réduits. La culture ne nécessite ni intrant phytosanitaire (désherbant, insecticide ou fongicide), ni irrigation. De plus, la puissance de son système radiculaire permet d’améliorer la structure de terres réputées difficiles. Enfin, bénéficiant d’une croissance très rapide, il est un producteur de masse végétale importante et, à ce titre, un gros consommateur de CO2. Après une récolte et un défibrage mécanique, utilisant peu d’énergie mais un matériel industriel lourd, toute la plante est valorisée.
L’une des utilisations qui a le vent en poupe concerne le bâtiment. Qu’il s'agisse de mécanique, de thermique, d’acoustique ou de durabilité, les matériaux à base de chanvre sont dimensionnés pour répondre à toutes les exigences indispensables à la construction d’ouvrages de qualité. De plus, certaines de leurs caractéristiques permettent d’apporter des solutions pertinentes dans de nombreux cas. Par exemple, la capacité de déformation des bétons de chanvre répond aux exigences des structures bois, que ce soit en rénovation (remplissage de colombages, plancher) ou en construction neuve (remplissage de structures à ossature bois, avec possibilité d’enduit). Autre exemple, le fonctionnement hygrothermique des enduits de mortier de chanvre peut être une solution adaptée pour améliorer efficacement la consommation d’énergie des bâtiments anciens. Enfin, le chanvre et les produits qui en sont issus ont toujours été reconnus pour leur résistance et leur durabilité.
Des atouts indéniables
Le chanvre fournit deux coproduits utilisés en construction : les fibres et le bois ou chènevotte. Les fibres servent à la confection de complexes isolants présentés en panneaux ou en rouleaux dans lesquels les traditionnelles fibres minérales sont remplacées par des fibres de chanvre. Concernant la chènevotte, les utilisations dans le bâtiment s’appuient essentiellement sur deux caractéristiques de ces particules : leur faible masse volumique et leur pouvoir isolant. Aujourd’hui, ces particules servent essentiellement à la confection de mortiers et de bétons légers ou extra légers dont les performances sont directement liées à leurs compositions. En outre, bien que ces applications soient actuellement peu développées, la chènevotte peut également être utilisée comme isolant par déversement ou comme sous-couche nivelante ainsi que pour la fabrication de panneaux de particules.
Le mélange de liants adaptés avec la chènevotte permet de confectionner des mortiers et des bétons de chanvre de nature très différente en fonction des dosages. Que ce soit en dallage isolant, en remplissage de murs, en enduits à caractère isolant ou en isolation de toiture, ces mortiers et bétons allient élasticité, absorption acoustique et perméabilité à un excellent fonctionnement hygrothermique. Ils apportent des possibilités d’économies d’énergie importantes avec un niveau de confort élevé et des coûts de construction concurrentiels. Quant aux laines de chanvre, elles ont des utilisations, des mises en œuvre et des performances similaires aux autres laines isolantes. Au-delà des intérêts environnementaux et sanitaires liés à l’utilisation de matière végétale, ces laines bénéficient des qualités de résistance mécaniques des fibres de chanvre.
Alain Berthaut et la noblesse du chanvre
Des avantages multiples
Capable de donner plus de dix tonnes de matière sèche par hectare en quelques mois, sans traitement phytosanitaire et sans malmener les sols, le chanvre est une plante respectueuse de l’environnement même en culture industrielle. Grâce à sa vitalité, les apports en engrais dits chimiques sont réduits. La culture ne nécessite ni intrant phytosanitaire (désherbant, insecticide ou fongicide), ni irrigation. De plus, la puissance de son système radiculaire permet d’améliorer la structure de terres réputées difficiles. Enfin, bénéficiant d’une croissance très rapide, il est un producteur de masse végétale importante et, à ce titre, un gros consommateur de CO2. Après une récolte et un défibrage mécanique, utilisant peu d’énergie mais un matériel industriel lourd, toute la plante est valorisée.
L’une des utilisations qui a le vent en poupe concerne le bâtiment. Qu’il s'agisse de mécanique, de thermique, d’acoustique ou de durabilité, les matériaux à base de chanvre sont dimensionnés pour répondre à toutes les exigences indispensables à la construction d’ouvrages de qualité. De plus, certaines de leurs caractéristiques permettent d’apporter des solutions pertinentes dans de nombreux cas. Par exemple, la capacité de déformation des bétons de chanvre répond aux exigences des structures bois, que ce soit en rénovation (remplissage de colombages, plancher) ou en construction neuve (remplissage de structures à ossature bois, avec possibilité d’enduit). Autre exemple, le fonctionnement hygrothermique des enduits de mortier de chanvre peut être une solution adaptée pour améliorer efficacement la consommation d’énergie des bâtiments anciens. Enfin, le chanvre et les produits qui en sont issus ont toujours été reconnus pour leur résistance et leur durabilité.
Des atouts indéniables
Le chanvre fournit deux coproduits utilisés en construction : les fibres et le bois ou chènevotte. Les fibres servent à la confection de complexes isolants présentés en panneaux ou en rouleaux dans lesquels les traditionnelles fibres minérales sont remplacées par des fibres de chanvre. Concernant la chènevotte, les utilisations dans le bâtiment s’appuient essentiellement sur deux caractéristiques de ces particules : leur faible masse volumique et leur pouvoir isolant. Aujourd’hui, ces particules servent essentiellement à la confection de mortiers et de bétons légers ou extra légers dont les performances sont directement liées à leurs compositions. En outre, bien que ces applications soient actuellement peu développées, la chènevotte peut également être utilisée comme isolant par déversement ou comme sous-couche nivelante ainsi que pour la fabrication de panneaux de particules.
Le mélange de liants adaptés avec la chènevotte permet de confectionner des mortiers et des bétons de chanvre de nature très différente en fonction des dosages. Que ce soit en dallage isolant, en remplissage de murs, en enduits à caractère isolant ou en isolation de toiture, ces mortiers et bétons allient élasticité, absorption acoustique et perméabilité à un excellent fonctionnement hygrothermique. Ils apportent des possibilités d’économies d’énergie importantes avec un niveau de confort élevé et des coûts de construction concurrentiels. Quant aux laines de chanvre, elles ont des utilisations, des mises en œuvre et des performances similaires aux autres laines isolantes. Au-delà des intérêts environnementaux et sanitaires liés à l’utilisation de matière végétale, ces laines bénéficient des qualités de résistance mécaniques des fibres de chanvre.
Alain Berthaut et la noblesse du chanvre
Avec Frédéric Marpot, Alain Berthaut travaille, depuis plus de dix ans dans le Tournugeois et le Chalonnais, le chanvre destiné au bâtiment. Une matière à laquelle il accorde de nombreuses vertus et peu d’inconvénients.
Pourquoi travaillez-vous une matière comme le chanvre ?
Alain Berthaut : avec Frédéric Marpot, nous travaillons cette matière depuis dix ans. Il s’agit d’un matériau naturel, noble. S’il demande beaucoup de savoir-faire, cela donne à l’arrivée une sensation de murs chauds. Cela offre un rendu particulier. Il y a aussi un côté innovant tout en respectant le bâti existant.
Quels sont les clients à la recherche de ce type de matériau ?
A. B. : il y a, d’une part des trentenaires et des quadras très attachés au bio, ayant une certaine démarche écologique, d’autre part des personnes plus âgées qui ont recours au chanvre sur les conseils d’architectes.
Y-a-t-il des inconvénients ?
A. B. : s’il s’agit d’un matériau agréable à travailler, c’est cependant assez physique. En outre, le temps de séchage est assez long.