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Agrioccasions, les occasions agricoles
Gaec de la Craie à Fley

« Une stabulation idéale pour faire des veaux ! »

À Fley, les associés du Gaec de la Craie font vêler leurs 200 charolaises dans des stabulations à pentes paillées et couloir raclé. Économes en paille, confortables pour les animaux comme pour les hommes, ces bâtiments bien conçus constituent un outil de travail efficace pour un Gaec qui optimise sa productivité.

Par Marc Labille
« Une stabulation idéale pour faire des veaux ! »
Patrick Lonjaret, Vincent Rossignol et Arnaud Baudot sont les associés du Gaec de la Craie.

Le Gaec de la Craie est composé de Patrick Lonjaret, Vincent Rossignol et Arnaud Baudot. Patrick s’est installé le premier en 1990 sur une exploitation familiale située au bourg de Fley. Il a fait construire une première stabulation en 1991, un bâtiment qui avait déjà la particularité d’abriter des cases de vaches sur pente paillée avec raclage vers une fumière couverte en bout de bâtiment. Située sur des terrains argilo-calcaires au sud de la Côte Chalonnaise, l’exploitation de Patrick Lonjaret couvrait alors 140 hectares avec 20 hectares de cultures, un peu de vigne et un troupeau charolais de 75 vêlages. En 2020, un jeune du village – Vincent Rossignol — qui fréquentait la ferme depuis son enfance, s’est associé à Patrick en fondant le Gaec de la Craie. L’exploitation s’est alors agrandie à 300 ha et 120 vêlages. Un troisième associé — Arnaud Baudot — a rejoint le Gaec en janvier 2026. Le troupeau est alors passé à 200 vêlages et la surface a atteint 465 ha dont 300 de prairies, 165 de cultures (céréales, oléagineux et luzerne) et 53 ares de vignes.

« Autonome au maximum »

Les productions de la ferme sont livrées aux coopératives Sicarev, Bourgogne du Sud et la Cave de Genouilly. Les femelles charolaises sont engraissées. Les broutards vendus entre 10 mois et 1 an à 440 kg vif. Grâce à son système de polycultures-élevage, le Gaec essaie d’être « autonome au maximum » profitant des céréales autoconsommées, de la paille, de la luzerne. Cette dernière « est notre tête d’assolement qui nous fournit du fourrage de qualité à peu de frais. Toutes les bêtes en bénéficient », confie Vincent. Pratiquant l’insémination artificielle depuis 1998, l’élevage fait vêler des génisses dès deux ans. Les femelles sont soignées en conséquence dès leur plus jeune âge pour une insémination à 1 an. « Toutes nos bêtes potentiellement productives le sont », synthétise Vincent. Pour optimiser la reproduction, les associés ont équipé leurs vaches de boucles électroniques de détection des chaleurs. Elles mesurent en continu l’activité et l’ingestion des femelles et délivrent une alerte sur smartphone lorsque ces données révèlent une chaleur.

Pente paillée et couloir raclé

Si l’exploitation couvre aujourd’hui deux sites, tous les vêlages se font à Fley. La stabulation principale est équipée de caméras et « elle est idéale pour faire des veaux », présentent les associés. Ce bâtiment pour 64 vaches date de 2020. Le Gaec a de nouveau opté pour une aire en pente paillée avec raclage vers une fumière couverte. D’une longueur de 52 m par 24,50 m de largeur, la stabulation compte deux cases de 24 vaches plus une de 16 vaches ; chaque couple mère-veau disposant ainsi de 12 mètres carrés. Le sol en terre battue des cases de vaches est en pente à 8 %. La partie inférieure de la pente est bétonnée sur 1 m et se termine par une marche de 15-20 cm surplombant le couloir raclé bétonné de 2,80 m de large. Ce couloir sépare la pente paillée d’une stalle d’alimentation, elle aussi, surélevée de 15-20 cm et de 2,25 cm de large contre les cornadis. Cette longue stalle est appréciable pour intervenir derrière les vaches lors des inséminations, font valoir les associés. Le sol bétonné est plus confortable et sécurisant pour les Hommes, de même que la hauteur modérée des marches, ajoutent-ils.

Le fumier tombe dans la fumière couverte

Le raclage est effectué tous les deux jours à l’aide d’un tracteur. Le fumier est poussé vers la fumière couverte qui prolonge le bâtiment de 10 m X 14 m. Profitant du relief du terrain, les éleveurs ont fait en sorte que le sol de la fumière soit 4 m plus bas que celui du couloir de raclage : le fumier tombe ainsi dans la fumière. Mais du fait de cette configuration et d’une toiture très haute côté fumière, la pluie a tendance à pénétrer à l’intérieur, signalent les éleveurs.

Le fumier raclé est très peu pailleux ce qui en fait un amendement intéressant en fin d’hiver, confie Vincent. Autre avantage, la fumière couverte constitue un « bel hangar » pour stocker de la paille avant que le fumier ne s’accumule dessous.

Caméras au-dessus des cases de vêlages

À l’avant des cases, un large couloir d’alimentation dessert la table d’alimentation. À l’arrière et donc en haut de la pente, se trouve une rangée de cases à veaux et de cases à vêlages. Ces cases sont longées par un couloir de service au fond de la stabulation. Un autre couloir de service latéral relie le couloir de service du fond au couloir d’alimentation des vaches. Le bâtiment compte aussi un local technique. Le système de caméra de vidéosurveillance est placé au-dessus des cases de vêlage là où les associés isolent systématiquement toutes les vaches prêtes à vêler.

La luminosité est optimisée par de nombreuses plaques translucides en toiture et un bardage en tôles perforées. Face au cornadis, le bardage perforé laisse passer la lumière sur toute la hauteur offrant une grande clarté et une vue sur le paysage alentour.

L’économie de paille couvre le surcoût

Dans ce nouveau bâtiment, les éleveurs apprécient l’ambiance dont profitent leurs animaux. Ces derniers ne souffrent pas de problèmes de grippe. La ventilation est efficace. « Les barrières métalliques sont tout le temps bien sèches », fait valoir Vincent qui fait allusion au faible niveau d’humidité ambiant. Les cases sont équipées d’abreuvoirs à réserve et à grand débit, informent les intéressés.

Le choix de la pente paillée avec raclage permet au Gaec d’économiser de la paille et même d’être autonome pour ce matériau. Si le coût du bâtiment avec pente paillé et fumière couverte revient plus cher à la construction qu’une stabulation en litière accumulée, les associés estiment que l’économie de paille générée couvre largement la différence avec le temps. En 2023-2024, le Gaec a rénové la première stabulation datant de 1991 (64 places également) en lui adjoignant un bardage perforé, de nouveaux abreuvoirs, de nouveaux translucides et des éclairages « led ».

Marc Labille