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Agrioccasions, les occasions agricoles
FDSEA et JA de Saône-et-Loire

Adapter les règles à l'urgence climatique

Dans un courrier, la FDSEA de Saône-et-Loire et les Jeunes Agriculteurs 71 interpellent la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf) ainsi que les services de l'État afin d'obtenir des mesures d'urgence face à une situation fourragère qui se dégrade rapidement sur le territoire.

Par C.M.
Adapter les règles à l'urgence climatique

Dans un courrier adressé à l'administration, les responsables syndicaux soulignent que le deuxième épisode caniculaire de l'année, dès le mois de juin, confirme la gravité des difficultés rencontrées par les exploitations d'élevage. Ils estiment que les conditions climatiques observées depuis le début du printemps 2026 affectent fortement la pousse de l'herbe sur l'ensemble du département.

Les températures exceptionnellement élevées, le déficit pluviométrique important et la succession d'épisodes de canicule précoces ont conduit les couverts végétaux à atteindre un stade de maturité avancé. Ces surfaces sont désormais fortement impactées par les conditions climatiques exceptionnelles observées depuis le début de l'année.

Si les récoltes de printemps ont permis d'obtenir des fourrages de qualité jugée satisfaisante, les volumes récoltés restent limités. Pour les organisations agricoles, ces quantités ne permettront pas de constituer des stocks suffisants afin de sécuriser l'alimentation des troupeaux pour les mois à venir.

Les prévisions météorologiques et l'état actuel des prairies alimentent également les inquiétudes. La FDSEA et les JA 71 craignent l'apparition d'un déficit fourrager important dès le début de l'été, avec la perspective d'un affouragement au pré des animaux plus précoce que les années habituelles.

Dans ce contexte, les syndicats considèrent que les surfaces concernées par certaines contraintes réglementaires représentent un levier indispensable pour préserver les ressources fourragères des exploitations. Ils estiment que les parcelles engagées dans des mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC) comportant des obligations de fauche tardive, ainsi que les jachères comptabilisées comme infrastructures agroécologiques (IAE), contribueront à sécuriser l'alimentation des troupeaux si leur exploitation était autorisée de manière anticipée.

Pour les responsables professionnels, cette mesure permettrait également de préserver la viabilité économique des exploitations confrontées à une tension croissante sur les ressources alimentaires.

Au-delà de l'enjeu fourrager, les organisations agricoles mettent en avant la question du risque incendie. Elles considèrent que le maintien de couverts végétaux sur ces surfaces accroît fortement les risques de départ et de propagation des feux dans un contexte marqué par les fortes chaleurs, le déficit hydrique persistant et la vulnérabilité de la végétation.

Elles rappellent que la Saône-et-Loire est actuellement placée en vigilance rouge canicule, une situation qui, selon elles, renforce les facteurs favorables au développement des incendies.

La FDSEA et les JA 71 estiment qu'une exploitation anticipée de ces parcelles permettrait de réduire significativement la charge combustible présente au sol. Une telle mesure contribuerait, selon elles, à limiter les risques de propagation du feu et à protéger les exploitations agricoles, les habitations, les espaces naturels ainsi que les infrastructures.

Les deux organisations considèrent également que cette action s'inscrirait pleinement dans une démarche de prévention des incendies et participerait au renforcement de la sécurité des territoires.

Face à cette situation qu'elles jugent urgente, elles demandent la mise en place immédiate de deux dérogations exceptionnelles : l'avancement des dates de fauche pour les surfaces engagées dans des MAEC comportant une obligation de fauche tardive, ainsi que l'autorisation, pour l'année 2026, de l'exploitation anticipée des jachères comptabilisées comme infrastructures agroécologiques.

La FDSEA et les JA 71 demandent aux services de l'État de se prononcer dans les plus brefs délais afin de permettre une mise en œuvre rapide de ces mesures. Pour les deux syndicats, l'enjeu est double : préserver les capacités de production des exploitations d'élevage et contribuer à la prévention d'un risque incendie jugé particulièrement élevé sur le territoire.

C.M.