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Élevage sanitaire

La DNC « sous contrôle »

Ce 3 novembre, le ministère de l’Agriculture a dressé l’état des lieux de l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en France. Globalement, « le pic de l’épidémie semble derrière nous » et les « mesures prises nous permettent de maîtriser la situation », estime-t-on de source ministérielle. En Saône-et-Loire, la profession reste mobilisée.

La DNC « sous contrôle »

Au 3 novembre, la France comptait 96 foyers de DNC : trois dans l’Ain, six dans le Jura, dix dans les Pyrénées-Orientales, un dans le Rhône, 32 en Savoie et 44 en Haute-Savoie. Environ 2.700 bovins ont été euthanasiés conformément à la réglementation sanitaire, la maladie étant classée ADE. Une campagne de vaccination est en cours dans les zones réglementées, visant un million de bovins. L’arrivée de l’hiver devrait contribuer à freiner la propagation du virus, transmise par des insectes piqueurs.
Dans son communiqué du 4 novembre, la Chambre régionale d’agriculture de Bourgogne-Franche-Comté appelle à une « réponse collective à une crise exceptionnelle ». Tout en saluant la réouverture progressive des marchés à l’exportation, l’institution met en garde contre des ventes précipitées susceptibles de « déséquilibrer le marché, créer des engorgements et faire chuter les prix ». Elle insiste sur la nécessité de maintenir la stabilité du marché et de lisser les volumes pour préserver la valeur des animaux.
Zones non réglementées : ne pas bouleverser les pratiques
Pour rappel, le ministère de l’Agriculture avait annoncé le 30 octobre que les exportations de bovins reprendront « dès le 1er novembre dans un cadre sanitaire maitrisé ». Concrètement, jusqu’à ce 4 novembre inclus, « chaque centre de rassemblement situé en zone réglementée supplémentaire depuis le 18 octobre devra déclarer sa reprise d’activité » à la préfecture et faire viser son troupeau par un vétérinaire agréé. « Jusqu’au 16 novembre inclus : Tous les centres de rassemblement français devront notifier sous 24 heures (…) tous les mouvements de bovins transitant par son centre, quelle que soit leur destination » et ce afin d’assurer « une traçabilité complète des déplacements d’animaux et une réactivité sanitaire optimale en cas de besoin », précise le communiqué du ministère. La Fédération nationale bovine (FNB) a salué une « décision juste et nécessaire ! ». Le syndicat spécialisé de la FNSEA, demande maintenant l’obtention « d’accords bilatéraux, notamment avec l’Italie et l’Espagne, afin de permettre aux éleveurs qui ont dû vacciner leurs animaux en zones réglementées de pouvoir commercialiser à l’export ».
Les éleveurs en zones indemnes sont donc invités à poursuivre leurs pratiques habituelles, sans modifier leur calendrier de vente. « Une panique injustifiée pourrait créer artificiellement une tension sur le marché », souligne la Chambre régionale, rappelant que « les animaux ont de la valeur » et que le maintien des prix dépend de la capacité collective à réguler les flux.

Zones réglementées : accompagnement sur mesure

Les exploitations situées en zones de surveillance ou zones vaccinales peuvent être confrontées à des blocages temporaires ou à des décalages de ventes. Ces contraintes, parfois difficiles à absorber, nécessitent une gestion au cas par cas.La filière se veut néanmoins mobilisée : « Chaque situation est différente, mais des solutions existent », précise le communiqué. Les chambres d’agriculture et les opérateurs économiques sont identifiés comme les interlocuteurs clés pour définir les meilleures stratégies : report des ventes, engraissement ou réorientation vers d’autres débouchés.
Les banques sont également appelées à participer à l’effort collectif pour soutenir les éleveurs confrontés à des tensions de trésorerie. En parallèle, les chambres d’agriculture et la MSA assurent un accompagnement moral et humain, en plus des mesures économiques déjà mises en place.

Une urgence politique : rouvrir les marchés espagnols et italiens

La profession juge la réouverture des marchés espagnols et italiens aux bovins vaccinés comme une priorité absolue. Sans ces débouchés, les solutions resteront « partielles », préviennent les organisations agricoles. Les Chambres d’agriculture appellent donc les pouvoirs publics à intensifier les négociations bilatérales pour permettre la reprise rapide des flux commerciaux.
Le communiqué est signé conjointement par les chambres d’agriculture, les organisations de producteurs, les opérateurs économiques et les syndicats professionnels, témoignant d’une unité dans la filière. Tous rappellent que la biosécurité reste un pilier fondamental pour l’avenir : « La biosécurité est une force pour nos élevages, aujourd’hui et demain », conclut la Chambre régionale d’agriculture de Bourgogne-Franche-Comté. L'assemblée générale du GDS le 18 novembre prochain à Perrecy-lès-Forges reviendra sur tous les aspects de la DNC.

L’Italie accepte de recevoir des animaux vaccinés

Premier débouché français pour l’export de bovins vifs, « l’Italie a donné son accord pour recevoir des animaux vaccinés » contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a indiqué le ministère de l’Agriculture à la presse le 3 novembre. À ce stade, seuls les animaux de la première zone réglementée dans les Savoie, levée le 22 octobre, sont vaccinés et peuvent être exportés. Les bovins des quatre autres zones réglementées sont aussi soumis à vaccination, mais ils ne peuvent être exportés qu’après la levée de la zone réglementée. L’Italie a demandé des « conditions sanitaires assez contraignantes, mais atteignables », précise la Rue de Varenne. Parmi ces conditions « requises par la réglementation européenne » figurent notamment un délai de 28 jours minimum après vaccination, la vaccination de « tout le cheptel dont les animaux sont issus », ainsi que « des conditions d’immunité collective de toute la zone ». En 2024, la France - et notamment la Saône-et-Loire - a expédié vers l’Italie 778.000 bovins maigres (surtout des broutards). « Nous attendons encore à ce jour l’accord de l’Espagne », deuxième débouché avec 109.000 têtes, ajoute le ministère. Selon le dernier bilan au 3 novembre, la France comptait 96 foyers de DNC (dans 64 élevages) depuis l’apparition de la maladie, fin juin.