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Agro Bio Campus Davayé

Former des professionnels et des citoyens

L’Agro Bio Campus de Davayé a largement renouvelé son équipe de direction en cette année 2025-2026. Le pôle de formation, de production et d’expérimentation n’en conserve pas moins toutes ses ambitions. Rencontre avec le nouveau directeur, Ghislain Favergeat.

Par David Bessenay
Former des professionnels et des citoyens
David Bessenay
Une équipe renouvelée autour du directeur : Anne-Claire Denis (dir. adj formation initiale) ; Cécile Neihouser ( dir. adj apprentis), Clémence Mathieu (CPE), Jeanne Alban (directrice de l’exploitation). Manque sur cette photos le secrétaire général, François Chagnas.

Depuis quelques jours et l’arrivée François Chagnas (secrétaire général) en provenance d’Angoulême, le directeur dispose en fin d’un effectif au complet et quasiment neuf (seule Cécile Neihouser, dir. adj du CFPPA, est en poste depuis plusieurs années). Un renouveau qui fait la force du groupe : « oui, nous avons des idées et des envies nouvelles, explique Ghislain Favergeat, arrivé en août. Mais il faut d’abord observer, faire un état des lieux. Ensuite, il faudra mettre en place collectivement des actions, en cohérence avec les objectifs que l’on s’est fixés ». Le nouveau directeur aux origines lyonnaises et ardéchoises n’est pas un adepte du management descendant, mais plutôt de la co-construction, pour valoriser les compétences de toute son équipe.

Un premier poste de directeur

Derrière la sérénité du bonhomme, il y a d’abord un parcours intellectuel étoffé. S’il est un enfant de l’enseignement agricole (Bac pro CGEA, spécialité caprine à Bourg-en-Bresse puis BTS à Cibeins), il a ensuite poussé loin la réflexion : licence, master puis doctorat en sciences de l’éducation avec comme sujet de thèse : l’orientation des élèves dans l’enseignement agricole à travers la théorie de la motivation.

En parallèle, il a longuement enseigné au campus Agro Nova de Précieux (agro-équipement) puis à l’université de Saint-Étienne (psychologie sociale). Il a également occupé un poste de CPE (Agro Nova) puis de directeur adjoint au lycée agricole de Marmilhat (63) « le plus gros de la région » avant d’arriver dans le Mâconnais séduit par le profil de l’établissement de Davayé : ses spécialités (la vigne et les caprins) et son territoire attractif.

Proximité et taille humaine

Ghislain Favergeat a vite pris conscience des atouts de l’Agro Bio Campus. Il entend bien entretenir les points forts de la structure comme la proximité de toutes les composantes : élus, professionnels et les élèves et leurs familles, le mixage des publics à travers des diplômes accessibles à la fois par la voie de l’apprentissage et par la formation initiale « pour répondre à toutes les demandes », et continuer de valoriser l’exploitation du lycée, « un outil pédagogique exceptionnel », associée à Vinipole et ses chercheurs.

Il souhaite aussi conserver ce côté familial, avec des effectifs réduits (des classes de 15 à 25 éléments) qui facilitent l’apprentissage et l’intégration des élèves. Autant d’atouts qui permettent d’attirer des élèves non seulement de toute la Saône-et-Loire mais aussi des départements limitrophes et ainsi de jouer à plein son rôle dans la 6ème mission des établissements agricoles : participer au renouvellement des générations et à l’adaptation aux transitions climatiques et environnementales.

Questions socialement vives

Ghislain Favergeat insiste par ailleurs énormément sur la dimension humaine du cursus : « on forme des futurs professionnels, mais aussi des citoyens qui sauront prendre à bras-le-corps ce qu’on appelle les questions socialement vives » et elles sont nombreuses autour de l’écologie, de l’agriculture, de la mondialisation… et ce ne sont pas les événements des dernières semaines qui nous diront le contraire. « Les questions agricoles sont devenues des questions de société, il faut que les jeunes s’en emparent. Ils ne sont pas là que pour produire, ils ont une autre responsabilité. C’est l’un de nos défis », insiste le directeur qui espère que demain les jeunes s’engageront dans le milieu associatif ou en tant qu’élus pour devenir des acteurs de la société.

Objectif Bachelor

Le lycée a lancé il y a deux ans un BTS Gestion et protection de la nature. « Il est encore en phase développement, mais il répond à une véritable demande du territoire qui est à la fois un territoire viticole, mais aussi un territoire naturel avec de la biodiversité et des enjeux autour de l’œnotourisme ».

La nouvelle équipe de direction porte aussi un projet ambitieux, rendu possible par la nouvelle loi d’orientation agricole (LOA) : la mise en place de diplômes Bac + 3. Elle prépare un Bachelor Vin, en partenariat avec le Campus de Beaune, le lycée de Bel-Air et l’Université de Bourgogne, qui devrait voir le jour à la rentrée 2027. Une façon de contribuer à l’amélioration de la formation pour des métiers qui deviennent de plus en plus complexes.

Parallèlement, Davayé veut aussi développer ses formations courtes pour adultes « notamment pour toutes les compétences autour du management, des ressources humaines, de la gestion ». On dirait bien que la période d’observation du nouveau directeur n’est pas loin d’être finie !

De la 3ème au BTS, enseignement professionnel, technologique et général

Commercialisation, viti-œnologie, élevage caprin, écologie & environnement

200 à 250 jeunes élèves

60 apprentis /adultes

100 à 130 internes

David Bessenay

Davayé en bref