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Aliments Franson Lagrost

Les Aliments Franson Lagrost ouvrent de nouvelles perspectives à une célèbre marque saône-et-loirienne !

Début 2025, les aliments Lagrost ont été repris par une entreprise familiale belge du nom de Franson. Ce changement de propriétaire assurera la continuité d’une maison réputée tout en ouvrant de nouvelles perspectives à ses clients.  

Par Marc Labille
Armand Lagrost Alex Van Malleghem Lagrost Franson
Armand Lagrost, fondateur des aliments Lagrost, maire de Chérizet et Alex Van Malleghem, patron de Franson.

Depuis le début de l’année 2025, les aliments Lagrost ont changé de main. Armand Lagrost, fondateur de l’entreprise de Chérizet dans le Clunisois (lire encadré), a cédé le fonds à une société belge appartenant à Alex Van Malleghem du nom de Franson. Alex Van Malleghem représente la neuvième génération d’une famille de meuniers dans les Ardennes flamandes. Pendant plus d’un siècle, la famille a exploité un moulin à eau dans une petite commune rurale située sur le tracé du fameux Tour des Flandres, à 30 minutes de Lille. Le père d’Alex Van Malleghem Frans a été le premier de la dynastie à se diversifier dans l’alimentation animale dans les années soixante. Il s’est mis à fabriquer des mélanges de type « all-mash ». La Belgique était alors précurseur en la matière. Jusqu’en 2004, année du décès de Frans Van Malleghem, l’entreprise familiale menait de front la meunerie, les aliments pour ruminants et l’huilerie (pressage de graines d’oléagineux). Ces trois activités sont restées, mais ont été scindées dans des filiales distinctes. La nutrition alimentation a pris le nom de « Franson » en hommage au père d’Alex qui l’a créée. L’entreprise possède aussi une activité de transport.

Aliments haut de gamme et sur mesure

En constant développement, Franson a produit 127.000 tonnes d’aliments en 2024 et elle emploie une soixantaine de personnes sur son nouveau site belge. L’entreprise « fabrique des aliments pour ruminants haut de gamme et sur mesure », explique Alex Van Malleghem. Très attaché à la confiance et à la qualité du service ; « on veut vendre une qualité, pas un prix », confie l’entrepreneur qui est heureux de pouvoir compter des clients fidèles depuis trois générations.

Cette approche repose sur un concept cher à la maison Franson. « Nos techniciens vont dans les fermes. Ils regardent le troupeau, les débouchés de l’exploitation, les éventuels cahiers des charges… 240 paramètres sont ainsi examinés et cette analyse met en évidence un besoin nutritionnel : protéines digestibles, sucres lents et rapides, matières grasses, énergie, vitamines, oligo-éléments… Le technicien regarde ensuite ce que l’agriculteur possède sur sa ferme : céréales, maïs ensilage, fourrages, pommes de terre, pulpes de betteraves à proximité… On détermine la valeur nutritionnelle de chacune de ces ressources grâce à notre laboratoire d’analyses que nous détenons en Belgique. L’objectif, c’est de vendre le moins d’aliments possible en profitant de tout ce dont dispose l’agriculteur sur place. Cela débouche sur une formule que l’on propose à l’éleveur », expose Alex Van Malleghem. Une « formule sur mesure » qui apporte tout ce qui manque pour bien nourrir les animaux de l’élevage.

Une super équipe à Chérizet

Forte d’un succès mérité, Franson est aujourd’hui un peu à l’étroit dans sa Belgique natale. La France était une destination naturelle pour le fabricant d’aliments qui connaît bien les productions de bovins viande et de bovins lait. Il avait déjà des clients en Auvergne, dans le sud Bourgogne jusqu’au Pays Basque. L’explosion des frais de transport militait pour implanter une usine en France pour se rapprocher de ces clients éloignés. La proposition d’Armand Lagrost est tombée à pic pour Alex Van Malleghem qui garde un souvenir ému de ce fameux coup de téléphone. L’entreprise clunisoise a « une bonne image ; ses bases sont bonnes ; elle a une super équipe (une vingtaine de personnes) et son ambiance est conviviale », apprécie le nouveau patron qui profite aussi du charisme et des connaissances de son prédécesseur… La maison Lagrost offre une position géographique idéale et représente une philosophie que partage Alex Van Malleghem.

Secondé par un fils de 25 ans, le patron belge est très motivé par cette nouvelle impulsion donnée à son entreprise. Partageant son temps entre le siège flamand et Chérizet, il a plein de projets pour son nouveau site français. La construction d’une nouvelle « unité multifonctionnelle » doit débuter cet automne pour une mise en service au printemps. Ce projet va permettre d’élargir la palette des matières premières disponibles sur le site et de moderniser les process de fabrication des aliments produits à Chérizet.

 

 

Des mashs sans fines

Des mashs sans fines

« Dans un mash, chaque ingrédient (pulpe, céréales, tourteaux, minéraux…) reste bien visible. Cette transparence est appréciée par les utilisateurs. Le mash a aussi l’avantage d’être plus appétent pour les bovins. Il est également beaucoup plus facile et moins cher à élaborer que des granulés », explique Alex Van Malleghem. Mais l’inconvénient des mashs est que « leurs ingrédients ont des granulométries différentes. Le risque, c’est qu’ils se démélangent », poursuit le fabricant d’aliment. Il faut donc éliminer les fines qui ont tendance à tomber dans le fond du camion pendant le transport, complète l’expert. « Pour éliminer ces fines, il faut tamiser les matières premières puis granuler ces fines. Il faut aussi travailler ces matières premières pour éviter ces fines ». À Chérizet, un équipement de tamisage et de granulation pour les matières premières sera construit à cet effet. Les tourteaux de soja seront toastés et les céréales floconnées sur place.

Le fabricant d’aliments Franson consacre un budget important à la recherche de solutions pour réduire les émissions de méthane des ruminants. L’alimentation est en effet un levier prometteur pour prévenir ces émissions carbonées et l’entreprise d’Alex Van Malleghem est en pointe dans le domaine.

Tout est parti d’un élevage charolais du Clunisois…

L’aventure Lagrost a débuté dans une ferme d’élevage du Clunisois à Chérizet. Le père d’Armand Lagrost possédait un cheptel charolais de 60 vaches dotées d’une très bonne génétique, remémore Armand. Au décès prématuré de son papa en 1972, le jeune homme a dû reprendre, aux côtés de son frère et de sa mère, la ferme familiale, alors qu’il n’était âgé que de 14 ans et n’avait que le certificat d’étude comme diplôme. Dès lors, Armand Lagrost n’a jamais cessé de travailler « 14 heures par jour, 7 jours sur 7 », comme il le raconte aujourd’hui. Passionné d’élevage, il a toujours eu à cœur de parfaire la façon de nourrir ses vaches, « à la mode de mon grand-père, car ils savaient déjà faire à l’époque », confie Armand qui s’est aussi beaucoup inspiré des « gens qui travaillent bien » — dont les belges, précise-t-il, à la pointe de longue date en matière de finition bouchère. « Les vaches m’ont instruit », ajoute-t-il lui qui a beaucoup observé « ces usines à viande », pour lesquelles il n’a jamais cessé de rechercher « le bon mélange de matières premières », tout en allant voir les bouchers pour suivre les qualités de la viande jusqu’au bout de la chaîne. Cette passion débordante l’a conduit, avec son frère, à créer une usine d’aliments en 1994. D’un objectif de 2.000 tonnes au départ, la production a bondi à 12.000 tonnes dès 1995 puis 25.000 tonnes en 1999 pour atteindre un maximum de 53.000 tonnes il y a 3 ans. Désormais en âge de prendre sa retraite, le patron des Aliments Lagrost recherchait une solution pour pérenniser son entreprise. Face aux « grands groupes qui fournissent désormais les matières premières, le travail des petits fabricants d’aliments en France est devenu très compliqué », confie Armand Lagrost. Refusant de se résoudre à être repris par un « grand groupe », l’entrepreneur saône-et-loirien a pris son téléphone pour solliciter une maison belge très appréciée de ses clients. C’est Alex Van Malleghem lui-même qui a décroché et les deux hommes se sont immédiatement entendus. Pour le créateur des Aliments Lagrost, cette reprise est une satisfaction, d’abord parce que les deux entreprises partagent un même passé familial et une même optique d’excellence. Le projet d’Alex Van Malleghem plaît beaucoup à Armand Lagrost qui se réjouit des perspectives de développement escomptées. Enfin, pour le maire de la plus petite commune de Saône-et-Loire, « c’est extraordinaire d’avoir une telle entreprise et un tel repreneur qui va faire une nouvelle usine de production et qui va embaucher ! Cela va faire vivre la commune et au-delà toute une région ! », s’enthousiasme Armand Lagrost.

 

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