Montbéliarde : le syndicat de l’Ain confirme sa solidité
Élevage / L’assemblée générale du syndicat Montbéliard de l’Ain s’est tenue cette année dans un format élargi, couplée à une journée technique Umotest/AGS qui a rassemblé une centaine d’éleveurs. L’occasion de dresser le bilan d’une année dense, marquée par de bons résultats en concours, une base génétique toujours performante et un changement de présidence.
À la tête du syndicat depuis 2025, Baptiste Marion a présidé sa première assemblée générale, à Corveissiat le 4 février dernier. Il reviendra sur les temps forts de l’année écoulée, tout en soulignant la nécessité de maintenir une dynamique collective autour de la race Montbéliarde, pilier de l’élevage laitier dans le département. La matinée technique Umotest/AGS, très suivie, a quant à elle confirmé l’attente des éleveurs sur les questions de génétique et de performances (ateliers en ferme autour de l’innovation, du programme sans corne, actualités du schéma Umotest, et présentation des animaux de l’élevage du Gaec des Fougères de Corveissiat).
Une présence remarquée sur les rings
La saison 2025 a une nouvelle fois mis en lumière le savoir-faire des éleveurs aindinois. Des comices locaux aux concours nationaux, la Montbéliarde de l’Ain s’est illustrée sur de nombreux rings. Le comice de Vouvray, organisé en mai, a réuni 27 vaches montbéliardes et 21 jeunes meneurs, confirmant l’intérêt intact pour ces rendez-vous de proximité. Plusieurs élevages ont particulièrement marqué les esprits, à l’image du Gaec des Orchidées, du Gaec Pierre d’en Haut ou encore du Gaec Tavel et Cie.
Au Salon international de l’agriculture, l’Ain était représenté par un animal, intégré à la sélection régionale (10 animaux), dans un concours réunissant 47 vaches. La présence aindinoise s’est également fait remarquer lors des concours de Vaches en piste en mars à La Roche-sur-Foron (9 animaux pour l’Ain), de la Fête du lait à Louhans en avril, et du Montbéliard Prestige à Besançon les 28 et 29 mai, avec plusieurs classements honorables et des distinctions en mamelle et en championnat. Des vaches emblématiques comme Liconaspa, Ribambelle, Sky Book ou Rhonlapine continuent de porter haut les couleurs du département.
Des chiffres qui confirment le potentiel de la race
Sur le plan technique, les indicateurs restent solides. En 2024, l’Ain comptait 19 389 montbéliardes contrôlées, pour une production moyenne de 8 222 kg de lait, avec des taux de 39,7 de TB et 33,8 de TP, supérieurs aux moyennes nationales. La Montbéliarde représente 20,5 % du cheptel contrôlé du département, confirmant son poids économique et technique.
Les performances individuelles et collectives restent également remarquables. Sept vaches aindinoises ont franchi le cap symbolique des 100 000 kg de lait produits, tandis que 28 élevages dépassent les 700 points de matière utile. Les classements ISU 2025 confirment cette dynamique, avec 26 élevages de l’Ain au-delà des 125 points, parmi lesquels le Gaec de l’Élevage Vuaillat, le Gaec Forey ou encore l’Earl Alain Burtin, régulièrement bien positionnés au niveau national.
Quant au calendrier des évènements et concours de l’année 2026, l’incertitude reste encore de mise. Journée paysanne à Gex en avril, Montbéliard Prestige à Besançon les 13 et 14 mai, l’Expo du Futur au foirail de la Chambière début juin, l’Avenir Bressan, le Sommet de l’élevage et le Comice de la Montagne… autant d’évènements qui dépendront de la situation sanitaire, ainsi que le rappelle Baptiste Marion. « Le Salon de l’agriculture se tiendra sans bovins. Le plus important était de protéger nos troupeaux plutôt que prendre des risques. Ce n’est que partie remise. On espère vivement pouvoir relancer l’Expo du Futur les 12 et 13 juin. On est toujours dans le flou. Les trois prochains mois vont être décisifs. On attend de voir ». Un président qui se montre toutefois positif et confiant en l’avenir : « Nous avons une équipe jeune au syndicat. Une équipe motivée, et des animaux qualitatifs dans le département ». Dans un contexte économique et sanitaire toujours incertain, le syndicat Montbéliard de l’Ain peut donc s’appuyer sur des bases solides, une relève impliquée et une race qui continue de faire ses preuves, aussi bien sur les rings que dans les élevages.
Patricia Flochon