Accès au contenu
Nicolas Debarnot à Changy

Nicolas Debarnot à Changy : "une centrale photovoltaïque locataire de mes toitures !"

Près de Charolles, Nicolas Debarnot a eu besoin de créer un nouveau bâtiment pour moderniser son outil de travail. Pour s’aider à financer son investissement, il loue ses toitures à un producteur d’électricité solaire. 

Par Marc Labille
Nicols Debarnot Changy Didier Labrosse Benoit Jourdan Digital Sun
Nicolas Debarnot et sa fille Mathilde entourés de Didier Labrosse et Benoit Jourdan de DIGITALSUN ENR.

À Changy, Nicolas Debarnot élève un cheptel d’environ 90 vaches allaitantes. Les vaches de réformes et quelques génisses sont engraissées et le reste de la production (broutards et laitonnes) est vendu maigre. Pour loger ses animaux en hiver, l’éleveur disposait d’une stabulation datant de 2007, agrandie en 2012 pour atteindre 96 m de long et une surface totale de 2.000 mètres carrés. Avec son technicien bâtiment à la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire, Philippe Comte, il a conçu une stabulation supplémentaire de 1.100 mètres carrés de surface. Elle accueillera cent jeunes bêtes à côté de la première stabulation.

Pour l’architecture générale et l’aménagement intérieur, Nicolas a pris modèle sur le premier bâtiment. Il s’agit de stabulations en longueur à pans fermés abritant des cases sur litière accumulée de 12 m de profondeur, desservies par un couloir d’alimentation à l’avant et un couloir de service à l’arrière. Les deux bâtiments parallèles, orientés nord-sud, ont le même profil avec une toiture bi pente classique.

Un projet sur mesure

Le photovoltaïque, Nicolas avoue qu’il n’y pensait pas au départ. C’est Philippe Comte qui lui a soumis l’idée et l’a mis en relation avec plusieurs concepteurs de centrales photovoltaïques sur toiture. Outre l’investissement de son bâtiment, l’éleveur devait financer le rachat de l’usufruit de sa mère. L’opportunité de louer sa nouvelle toiture à un producteur d’électricité solaire s’est révélée une solution intéressante pour compenser l’inflation constatée sur les prix des matériaux depuis 2020.

C’est la proposition de DigitalSun ENR que Nicolas a retenue. « Nous sommes rentrés dans le projet agricole de l’éleveur ; nous ne nous imposons pas avec un bâtiment type », présente d’emblée Benoit Jourdan, directeur général de l’entreprise. Avec Nicolas, les technico-commerciaux de DigitalSun ENR ont conçu un projet sur mesure.

2.500 mètres carrés de panneaux solaires

Pour obtenir une centrale solaire d’une puissance de 500 kWc, ils ont privilégié l’installation de panneaux solaires sur le bâtiment à construire. Et pour compléter cette première surface, ils ont également prévu d’installer des panneaux sur la stabulation existante. Au total, la centrale compte 2.500 mètres carrés de panneaux solaires : 1.000 mètres carrés sur le nouveau bâtiment et 1.500 sur l’ancien. Ces panneaux occupent aussi bien les pans de toiture orientés nord que ceux orientés sud. « Les panneaux sont aujourd’hui moins chers et plus performants donc nous privilégions la surface et moins l’orientation qu’au début du photovoltaïque », explique Benoit Jourdan. « C’est l’économie d’échelle qui compense. La rentabilité est meilleure sur 500 kWc ; la taille permet d’absorber les coûts fixes ». C’est le cas pour les frais de raccordement. La distance entre la centrale et la ligne électrique Enedis était d’environ 500 m.

La pose de panneaux solaires sur la stabulation existante imposait de rénover la couverture. Des tôles bac acier, dont la face inférieure est recouverte d’une feutrine anti-condensation, ont remplacé les plaques de fibrociment. Il a fallu également renforcer la charpente après qu’un bureau d’études l’a expertisée. Nicolas Debarnot s’est chargé lui-même de démonter les plaques de fibrociment sans amiante. C’est également lui qui a réalisé le renforcement de la charpente conformément aux préconisations du bureau d’études.

Bail emphytéotique signé devant notaire

« Nicolas nous loue sa toiture et nous, nous sommes propriétaires de la centrale solaire que nous exploitons. Nous revendons l’électricité à EDF à tarif fixe pendant 20 ans. Nous versons un loyer annuel à l’éleveur sur la durée d’un bail emphytéotique de 30 ans. D’un montant fixe, le loyer est corrélé à des mètres carrés et non à une production », fait valoir Benoit Jourdan. « Le loyer continue d’être versé même en cas de grêle », apprécie Nicolas Dabarnot. « Le risque est chez nous », confirme le producteur d’électricité qui signale par ailleurs que le bail emphytéotique est signé devant notaire, une précaution en cas de succession, fait-il valoir.

Pour Nicolas Debarnot, le photovoltaïque aura été une aide supplémentaire à l’investissement. Le loyer perçu par l’éleveur lui permet en effet de payer l’équivalent d’une annuité d’un bâtiment. Le projet conçu par son interlocuteur DigitalSun ENR avait l’avantage aussi de ne pas impacter l’architecture de ses bâtiments qui gardent toutes les qualités d’une stabulation fonctionnelle et adaptée aux animaux (dimensions, ambiance, ventilation, luminosité…).

Galerie d'images