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Agrioccasions, les occasions agricoles

Des rayons sous tension en grande distribution

Par Charlotte Bayon
Des rayons sous tension en grande distribution
©CNPO
Alice Richard, directrice du Comité national pour la promotion de l'oeuf (CNPO).

La tension actuelle sur les œufs se répercute directement dans les relations avec la grande distribution. « Nous ne sommes pas en mesure de fournir suffisamment de marchandises pour les distributeurs. Ce n’est pas une situation satisfaisante », affirme Alice Richard, directrice du Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO). La filière a donc besoin de développer sa production. Cette dernière prévoit d’ailleurs plus de 300 nouvelles installations à horizon 2030. D’après la directrice, le marché des œufs coquille vendus en magasins repose sur une forte contractualisation. « Les éleveurs sont liés aux centres de conditionnement, eux-mêmes sous contrat avec les enseignes. Les prix tiennent compte de l’évolution des coûts de production, notamment de l’alimentation des poules, qui représente 60 à 65 % du coût d’un œuf », explique-t-elle. Ainsi, aujourd’hui, la difficulté réside dans le fait que la production et le conditionnement ne parviennent pas toujours à fournir les volumes demandés. Certaines commandes ne peuvent être honorées, ce qui crée des tensions opérationnelles avec les distributeurs.

Un maintien d’offre d’œufs français

Malgré ces tensions, le recours aux importations existe mais reste limité : « 95 % des œufs vendus en rayons des enseignes de grande distribution sont français. Quelques volumes proviennent de pays européens frontaliers, voire d’Ukraine, mais la disponibilité est également tendue à l’échelle européenne, du fait de la hausse générale de la consommation et des épisodes d’influenza aviaire », explique Alice Richard. Les enseignes revendiquent également leur souhait de vendre des œufs exclusivement français, d’autant plus que les professionnels soulignent les écarts de normes sanitaires et de pratiques d’élevage hors UE. « Les consommateurs restent attachés au logo ‘‘ œufs de France ‘‘, le marché national ne devrait donc pas être en danger. Pour autant, nous souhaitons régler au plus vite le déséquilibre entre l’offre et la demande qui pèse sur la filière depuis plusieurs années », assure la directrice du CNPO.

Charlotte Bayon

Distribution / La filière œuf connaît des tensions conjoncturelles et structurelles qui se répercutent dans les rayons, mais la grande distribution continue de privilégier l’origine France. Entre contractualisation des prix et volumes limités, les éleveurs et les enseignes doivent composer avec une production encore insuffisante pour répondre à la demande.