La mortalité de la faune sauvage par collision étudiée de près en Saône-et-Loire
Les allées et venues de la faune sauvage ne font pas bon ménage avec les nombreuses infrastructures de transport qui quadrillent le territoire. Pour améliorer la sécurité sur les routes, la FDC 71 compile les données de terrain pour identifier les zones accidentogènes et proposer des solutions aux gestionnaires d'infrastructures.
Depuis 2021, dans le cadre d’un projet « éco-contribué » (fonds abondé par une écocontribution des chasseurs et de l’État afin de financer des projets portés par les Fédérations des chasseurs pour la protection de la biodiversité), la Fédération départementale des chasseurs de la Saône-et-Loire (FDC 71) travaille sur les « mortalités extra-cynégétiques » d’animaux sauvages à l’échelle du département. Il s’agit en partie de la faune victime de collisions avec des véhicules ou de noyades sur les infrastructures linéaires de transports du département (routes, canaux, voies ferrées…). L’objectif pour la FDC 71 « est d’obtenir un flux de données régulier sur ces mortalités pour identifier ensuite, après analyse, les principaux points de conflits » : autrement dit « les zones accidentogènes », explique Gaëtan Bergeron, chargé de mission à la Fédération. Cette analyse permet ensuite à la FDC 71 « de proposer des solutions (réflecteur, passage à faune, clôture…) au gestionnaire de l’infrastructure de transport (Département de Saône-et-Loire, Voie Navigable de France, DIR Centre-Est, SNCF…) pour réduire le caractère accidentogène de l’infrastructure », complète l’expert.
Des outils pour collecter les données
La première étape de ce travail a consisté à mettre en place différents outils pour recenser ces cas de mortalité extra-cynégétiques en Saône-et-Loire. Cela repose notamment sur une application mobile qui permet à la fois de faire remonter les données en direct et de les géolocaliser. Les techniciens de la FDC 71 en sont équipés ainsi qu’une dizaine de chasseurs bénévoles bien répartis géographiquement sur le département. Pour compléter le dispositif, les responsables des territoires de chasse ont accès à un espace en ligne pour faire remonter leurs propres informations. La base de données exploitées inclut également pour analyse les données recensées par les gestionnaires d’infrastructure (Département Saône-et-Loire, SNCF et DIR Centre-Est). Depuis le début de l’année, la FDC 71 incite particulièrement les chasseurs et toute personne souhaitant contribuer à cette action à utiliser l’application Vigifaune, développée par la Fédération régionale des chasseurs d’Auvergne-Rhône-Alpes, application de science participative. Gratuite, téléchargeable en libre accès, elle permet le signalement rapide et géolocalisé des animaux morts, des animaux vivants, mais aussi de déclarer des dommages aux cultures ou aux biens : par corvidés, fouines, blaireaux, etc… Cette application ne permet pas de déclarer les dégâts de grands gibiers sur cultures en vue d’une indemnisation, précise la FDC 71.
Chevreuils, sangliers et blaireaux…
Grâce au déploiement de ces outils, le nombre de données collectées par la FDC 71 a bondi de 200-300 à un nombre de mortalité extra-cynégétique oscillant entre 1.500 et 2.000 depuis 2021. En 2024, 1.875 données ont été recensées, indique Gaëtan Bergeron. Cela concerne un large panel d’espèces sauvages mais les espèces chassables dominent les effectifs : sangliers, chevreuils, blaireaux, renards… Le grand gibier (sanglier, chevreuil) représente environ un tiers des données et le trio de tête des trois espèces les plus impliquées sont chevreuils, sangliers et blaireaux, complète l’expert.
Des solutions proposées pour améliorer la sécurité
Les collisions avec le grand gibier sont source d’accident, parfois même mortel comme ce fut encore dernièrement le cas en Saône-et-Loire pour un motard qui avait percuté un sanglier. La FDC 71 travaille notamment avec le Département pour essayer d’améliorer la sécurité des routes. Des réflecteurs, modèles de piquets réfléchissants conçus à cet effet, ont été installés sur le bord de certaines routes de Saône-et-Loire au niveau de certain points de conflits préalablement identifiés. D’autres dispositifs peuvent être mis en place, comme le fait la SNCF avec des effaroucheurs sonores adaptés au ferroviaire. « La pose de clôture peut également être une solution préconisée, mais elle présente l’inconvénient d’interrompre la continuité écologique si elle n’est pas associée à un point de franchissement (passage à faune, ouvrage mixte…) », confie Gaëtan Bergeron.
Autre source de mortalité animale liée aux infrastructures linéaires : le gibier – chevreuil en particulier – se noie régulièrement en franchissant les canaux. Avec Voies Navigables de France, la FDC 71 a conçu des aménagements pour éviter ces noyades. Sur Palinges et Volesvres, des enrochements ont été créés sur les berges du canal du Centre pour rétablir les continuités. A proximité de Chagny, ce sont des échelles à gibier qui ont été installées.
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