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Union viticole de Saône-et-Loire

Le nouveau préfet face à une vendange « cata »

Mercredi 3 septembre, le nouveau préfet de Saône-et-Loire effectuait sa première sortie agricole, ou plutôt viticole, au Domaine Chofflet-Valdenaire à l’invitation de l’Union viticole de Saône-et-Loire. Outre les revendications sur l’emploi, la simplification administrative, les maladies sanitaires… cette vendange 2025 est marquée par des rendements « catastrophiques », comprenaient vite les services de l’État, les députés et élus présents, promettant tous d’agir à leur niveau.

Par Cédric Michelin
Le nouveau préfet face à une vendange « cata »
Patrice Fortune, président de l'UV71, et Anton Andermatt, secrétaire général de la FDSEA71, ont accueilli au domaine Chofflet-Valdenaire à Givry le nouveau préfet, Dominique Dufour, pour la visite vendanges 2025 ce 3 septembre.

Pendant deux heures, l’Union viticole de Saône-et-Loire a dépeint un paysage objectif de la filière viticole. L’hôte du jour, Jonathan Brunot, du domaine Chofflet-Valdenaire à Givry, apportant son témoignage éclairé sur chacun des thèmes abordés : à commencer par une vendange décrite comme qualitative mais « cata » en termes de volumes. Si les vendanges ne sont pas encore terminées et que les 100 mm de pluies ces derniers jours ont eu un effet, difficile de dire si cela permettra de minimiser les pertes du millerandage, de maladies cryptogamiques, des épisodes de grêles, de l’échaudage ou de la sécheresse… La chambre d’Agriculture estime pour l’heure entre -40 % et -50 % par rapport aux rendements des appellations. Finissant le jour même, le domaine Chofflet-Valdenaire est à l’image du millésime : « avec 17 ha, je dois faire 90.000 bouteilles par an, mais là, je ne vais en faire que 40 % de ce volume », avec un rendement tournant autour de 20 à 25 hl/ha selon les parcelles. Représentant l’Union viticole sur le canton, Pascal Cottenceau indiquait que certaines parcelles grêlées l’ont été jusqu’à 95 %. Autant dire qu’il y aura des trésoreries et des domaines qui vont se retrouver dans des situations extrêmement difficiles dans les trois prochaines années, le temps de l’élevage et des ventes. Mais les tensions vont se faire sentir dès l’an prochain avec les décalages des impôts et la hausse des charges.

Pour schématiser, le Beaujolais a subi la sécheresse, le Mâconnais les maladies et le Chalonnais la canicule. En réalité, chacun des trois vignobles du département a subi en proportion différente ces aléas. La déception est d’autant plus grande que la sortie était belle au printemps et que les grappes et raisins présentaient bien jusqu’aux pressoirs. Consolation, la qualité sera au rendez-vous.

L’Union viticole profitait de la première sortie du nouveau préfet, Dominique Dufour pour refaire un large tour des revendications de la profession viticole, devant ses services (DDT, DGFip, DEETS, sous-préfets…), des députés présents (MM. Dutremble et Dirx), des conseillers régionaux (M. Morel et Mme Mallard), des maires locaux ou élus de Comcom ou encore des représentants de la profession (chambre d’agriculture, Fédération des caves coopératives, Cuma…). Le président de l’Union viticole, Patrice Fortune prenait date pour des réunions de travail sur des sujets précis, comme le logement des saisonniers ou sur les fermages viticoles. Nous reviendrons plus en détail dans une prochaine édition.