EARL Billoux frères à Colombier-en-Brionnais : la centrale solaire paie une partie des remboursements
Julien et Stéphane Billoux se sont équipés d’un bâtiment spacieux et fonctionnel pour loger 80 vaches allaitantes et un peu de fourrage. Dans un deuxième temps, ils ont décidé de couvrir l’édifice d’une centrale solaire qui leur procure un revenu intéressant.
Julien et Stéphane Billoux sont à la tête d’une exploitation d’élevage à Colombier-en-Brionnais. La structure compte 80 vêlages et elle accueille également une centaine de bovins par an engraissées au pré (embouche). Les deux frères se sont installés en 2016 séparément de leurs parents. Ils n’avaient alors aucun bâtiment à eux pour hiverner leurs premiers animaux. À la retraite des parents en 2019, Julien et Stéphane ont repris la ferme familiale et ils en ont profité pour lancer un projet de bâtiment pour 80 vaches allaitantes.
Pour concevoir et implanter leur future stabulation, les deux frères s’en sont remis au service bâtiments de la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire. La réflexion conduite avec Philippe Comte a débouché sur une construction de 60 m par 30 m contenant une rangée de cinq cases de 16 vaches avec des cases de vêlage et de veaux à l’arrière. Les cases de vaches donnent sur un large couloir d’alimentation également consacré à du stockage de fourrage. Les cases à veaux sont desservies par un grand couloir de service à l’arrière du bâtiment.
Un bâtiment prêt à recevoir du photovoltaïque
La toiture photovoltaïque était intégrée au permis de construire, mais le bâtiment n’était pas encore recouvert de panneaux photovoltaïques lorsqu’il a été mis en service pour l’hiver 2022-2023. « L’urgence, c’était déjà d’avoir un bâtiment fonctionnel pour loger les vaches », confirment Julien et Stéphane. Ces derniers avaient tout de même tout prévu pour une éventuelle installation de panneaux photovoltaïques. Le charpentier (entreprise Béraud de Chassigny-sous-Dun) qui a monté le bâtiment, avait intégré dans ses « calculs de charpentes » la surcharge de panneaux solaires. Les translucides ont été regroupés en une sorte de puits de lumière près du faîtage sur le rampant nord ainsi que sur les pignons. La luminosité est complétée par un filet brise-vent sur la partie haute du mur latéral de la stabulation.
Encouragé par le banquier
C’est le banquier de l’EARL (Crédit Agricole) qui a encouragé les deux jeunes éleveurs à investir dans leur propre centrale solaire. La Chambre d’agriculture leur a indiqué plusieurs prestataires et c’est DigitalSun ENR que Julien et Stéphane ont finalement choisie.
« Quand nous sommes arrivés, le bâtiment existait déjà », confirme Benoit Jourdan, directeur général de la société. Avec un bâtiment neuf capable d’accueillir sur son toit 1.500 mètres carrés de panneaux solaires, un transformateur EDF à quelques dizaines de mètres seulement, « c’était un peu le cas idéal ! », se remémore Benoit Jourdan. La centrale installée totalise une puissance de 300 kWc. C’est DigitalSun ENR qui s’est chargée de toutes les démarches administratives : demande de raccordement à Enedis, contrat de rachat de l’électricité sur 20 ans avec EDF.
Près de 36.000 € de chiffre d’affaires annuel !
Sur cette durée, les frères Billoux bénéficient d’un tarif de rachat de 0,128 €/kW/h. Un montant qui serait nettement moins élevé aujourd’hui, informent les intéressés
Grâce à la vente d’électricité solaire, Julien et Stéphane estiment réaliser un chiffre d’affaires d’environ 36.000 € hors taxe par an. De quoi couvrir une partie des remboursements, font valoir les deux éleveurs qui estiment rembourser environ 21.000 € annuel pour les panneaux photovoltaïques et approximativement la même somme pour le bâtiment.
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