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Nouveau cadre réglementaire

Le photovoltaïque reste intéressant en agriculture

Depuis la mise en place de la procédure d’appel d’offres simplifiées, le photovoltaïque est moins attractif que par le passé. Mais pour les projets répondant à certaines conditions, il demeure une opportunité intéressante en termes de revenu. 

Par Marc Labille
bâtiments agricole élevage avec toiture photovoltaïque
Pour Benoit Jourdan, directeur général de DIGITALSUN ENR, « oui il y aura moins de projets et d’acteurs dans le photovoltaïque du fait d’un durcissement du cadre, mais non le secteur ne va pas s’effondrer au contraire et il conserve tout son intérêt pour les projets de bâtiments agricoles.

DigitalSun ENR est une société spécialisée dans le photovoltaïque (sur toiture) agricole et industriel. Basée à Lyon avec une antenne à Villefranche-sur-Saône et bientôt à Dijon, cette entreprise, dont les fondateurs ont vingt ans d’expérience dans le photovoltaïque, possède son propre bureau d’études et ses propres installateurs. « Nous savons faire tous les modèles, du clé en main au locatif, en injection 100 % ou en autoconsommation », présente Benoit Jourdan, directeur général. Animée par une approche "très terrain", soucieuse de coller aux besoins des agriculteurs, DigitalSun ENR a su nouer des conventions avec Crédit Agricole Centre-Est, Banque Populaire BFC, la chambre d’agriculture de l’Ain.

Enchères inversées…

Confrontée au nouveau cadre réglementaire s’imposant aux projets photovoltaïques sur toiture de 100 à 500 kWc, la jeune société reste confiante sur l’avenir de ce secteur. « Jusqu’alors, c’était le cadre réglementaire S21 qui s’appliquait aux projets photovoltaïques avec des tarifs connus pour 20 ans. Depuis l’été dernier, ce cadre est remplacé par des appels d’offres simplifiés (AOS). Désormais, il faut se soumettre à un système d’enchères inversées pour pouvoir bénéficier du soutien de l’État. Chacun propose un tarif de vente de l’électricité et plus, on propose un tarif haut, moins on a de chance de gagner », confie Benoit Jourdan.

Ce changement intervient parce qu’avec le déploiement des énergies renouvelables, la production d’électricité est devenue excédentaire à certaines heures de la journée. Le système d’enchères inversées peut faire craindre « une course à des tarifs toujours plus bas » et l’enveloppe du soutien de l’État n’est pas extensible, indique Benoit Jourdan. Mais pour autant, cela ne signifie pas la fin pour les projets sur toitures agricoles, estime le spécialiste des panneaux photovoltaïques.

300, 500 kWc, raccordement à proximité

« Les tarifs de revente de l’électricité plus bas obligent à revoir les conditions pour un projet. Il faut un minimum de 1.500 mètres carrés de panneaux pour 300 kWc ou 2.500 mètres carrés pour 500 kWC, un raccordement à proximité de l’installation (100-200 mètres maxi) », explique Benoit Jourdan. Cela va restreindre le nombre de projets, convient l’intéressé qui ajoute que les exploitants doivent désormais déposer une garantie financière.

Dotée de ces garde-fous, cette nouvelle disposition va éliminer les initiatives opportunistes et favoriser les projets les plus viables, estime le patron de DigitalSun ENR. Et pour ce dernier, tous les agriculteurs qui ont un projet de rénovation ou de construction de bâtiment se doivent d’étudier l’opportunité d’un projet photovoltaïque. D’autre part, le marché de l’auto-consommation est en train de se déployer fortement dans l’industrie et il peut intéresser des poulaillers, des élevages laitiers… L’arrivée des batteries pour stocker l’électricité solaire est une autre perspective qui promet encore de belles heures pour le photovoltaïque, est convaincu Benoit Jourdan.