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Appellation

ODG Viré-Clessé attend son printemps

Malgré le beau temps, les vignerons de Viré Clessé ont consenti à assister l’assemblée générale du cru au foyer rural de Clessé. Communication, technique, Premiers crus… Les sujets ne manquent pas.

Par David Bessenay
ODG Viré-Clessé attend son printemps
David Bessenay
Les vignerons de Viré-Clessé se sont montrés très curieux sur les innovations variétales.

Comme cela arrive de temps en temps, le printemps du cru, 24e du nom, tombait le week-end de Pâques, ces 19 et 20 avril. Franz-Ludwig Gondard, responsable de la commission ad hoc, avait expliqué l’objectif de l’année et dévoilé quelques nouveautés. « On a voulu imprimer un programme plus lisible », annonce-t-il. Précisément : 23 caves à découvrir, un parcours olfactif, des ateliers dégustations… Trois petits trains (au lieu de deux) et une campagne d’affichage publicitaire, plus importante que l’an passé.

Un volume 2024 limité mais qualitatif

Une belle fête qui permet aux vignerons de tourner la page d’un millésime 2024 ô combien difficile « On n’a pas toujours eu l’impression d’être récompensé de notre labeur résume le président Benjamin Dananchet même si au final avec 52 hl/ha de moyenne, le volume total de production de 23.097 hl (contre 27.842 hl l’an passé) n’est pas si ridicule et la qualité satisfaisante ».

Autre sujet d’inquiétude, la flavescence dorée où, là non plus, il n’est pas question de baisser les bras. L’an passé, 19 échantillons ont été détectés à Viré, 3 à Clessé et 16 à Montbellet (les autres échantillons suspects se révélant être du bois noir). Les producteurs attendent la décision du préfet sur les zones de traitement obligatoire et tentent de préserver certains espaces sensibles comme les environs du château de Besseuil.

Côté communication un salon off aux Grands jours de Bourgogne sera organisé à la chapelle Saint-Etienne à Beaune, elle aura pour thème les climats. L’ODG devrait poursuivre son partenariat avec les Vendanges de l’humour. Le cru a mis à la vente une carte plastifiée du terroir disponible au prix de 10 euros, ainsi que des nouveaux flyers.

Concernant le dossier 1ers crus qui agite beaucoup le Sud Bourgogne depuis quelques années, pas de dépôt de dossier en vue pour Viré-Clessé pour l’instant, mais la volonté de continuer à revendiquer des climats dans les déclarations de récolte ! Ainsi, 48 ha ont été revendiqués en 2024, soit 10,7 % des surfaces de l’appellation (1 % de plus par rapport à 2023). L’effort est donc à poursuivre et sans doute à intensifier.

Dans l’attente des évolutions variétales

Côté technique cette fois, Marion Winner du BIVB a fait le point sur les expérimentations en cours et notamment le programme CepInnov, c’est-à-dire le croisement par hybridation des gènes de résistances avec les variétés locales (pinot, chardonnay…) qui aboutiront à la création de variétés proches de ce que l’on connaît, mais résistantes au mildiou et à l’oïdium (à raison de deux traitements par an toutefois). Mais il faudra attendre l’horizon 2032 pour que ceux-ci soient inscrits au catalogue et donc susceptibles d’intégrer officiellement les cahiers des charges.

Le dérèglement climatique et les attentes sociétales avancent plus vite que la recherche et que l’INAO. Cependant, une nouvelle procédure devrait être validée lors du prochain Crinao pour simplifier et donc accélérer les modifications de cahier des charges. L’ODG Viré Clessé a déjà demandé l’an passé l’ajout de cépages accessoires (1). À suivre…

 

(1) : Demande d’ajout de 3 cépages accessoires : le pinot blanc, l’aligoté et le pinot gris, limités en % d’encépagement et % de l’assemblage final. Et mise en place d’un DEI (dispositif d’évaluation des innovations) sur 10 ans pour les cépages sacy et melon B, sans perte de l’appellation, avec des conditions strictes (convention opérateur/ODG/INAO, limite en % d’encépagement et % de l’assemblage final, expérimentation cadrée par un protocole strict et réalisation d’un suivi par un organisme technique).

En bref : des nouveaux et des réélus

Ludovic Couturier, Vincent Michel, Adélie Terrier intègrent la commission technique. Adélie Terrier et Florian Mariller entrent dans le CA de l’ODG où sont réélus Franck Michel, Alexis Duchet et Alexis Gondard.

La cotisation du cru reste stable (102 €/ha) en revanche, celle liée à la flavescence dorée augmente de 5 €/ha « car les analyses sont plus nombreuses et les aides de la Région sont à la baisse ». Celle de l’Arefla augmente aussi de 1 €/ha en raison de la hausse de la matière première et de l’extension de la zone au Châtillonais.

VC2025