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Crédit Agricole Centre-Est

Transition énergétique : les entreprises bourguignonnes ont pris conscience, mais passent encore doucement à l’action

Lors de la troisième édition des Rendez-vous de la Transition Énergétique, organisée le 16 octobre à Chalon-sur-Saône par le Crédit Agricole Centre-Est et le Medef de Saône-et-Loire, la présentation du baromètre Crédit Agricole–CSA a livré une photographie précise des pratiques régionales. Si la conscience environnementale progresse, la mise en œuvre de véritables stratégies reste encore inégale.

Par Cédric Michelin
Marc Do Van Tuan, directeur général adjoint du Crédit Agricole Centre-Est et Fabien Rossignol, président du Medef 71
Cédric Michelin
Marc Do Van Tuan, directeur général adjoint du Crédit Agricole Centre-Est et Fabien Rossignol, président du Medef 71

Le Crédit Agricole Centre-Est et le Medef de Saône-et-Loire ont dévoilé, le 16 octobre à Chalon-sur-Saône, les résultats du baromètre Crédit Agricole–CSA sur la transition énergétique. Cette enquête, menée auprès de 500 entreprises de Bourgogne-Franche-Comté, dresse un constat nuancé : les dirigeants ont bien compris les enjeux du changement climatique, mais le passage à l’action reste lent et inégal selon la taille des structures.

« Le meilleur moyen d’avancer sur la transition, c’est d’en parler entre dirigeants », a rappelé Marc Do Van Tuan, directeur général adjoint du Crédit Agricole Centre-Est, en ouverture de la matinée. Pour lui, ce baromètre constitue avant tout « un outil de repère et de confiance » qui permet aux entreprises « de savoir où elles en sont, de se comparer et d’échanger sur les solutions possibles ».

L’étude, réalisée par l’institut CSA entre mai et juillet 2025, repose sur un échantillon représentatif d’entreprises de plus de dix salariés, issues de l’industrie, du commerce, des services et du transport. Elle vise à mesurer leur maturité énergétique, leurs freins, leurs motivations et les actions concrètes déjà engagées.

Les résultats montrent une note moyenne stable de 50 sur 100, identique à celle de 2024. « Ce score traduit une situation d’attente, mais aussi de résilience, explique Xavier Terrien, directeur d’études au CSA. Malgré un contexte économique incertain, les entreprises ne reculent pas sur les enjeux climatiques », positive-t-il. Dans le détail, la connaissance des sujets énergétiques obtient une note de 66 sur 100, la gestion de l’énergie 57, la mise en œuvre de stratégies 36, et l’engagement sociétal 40. Autrement dit, les chefs d’entreprise sont bien informés, mais encore peu nombreux à traduire leurs intentions en véritables plans d’action.

Des différences qui se creusent

Le baromètre révèle aussi un fort écart entre grandes entreprises et PME. Les structures de plus de cinquante salariés atteignent un score moyen de 66 sur 100, contre 47 pour les plus petites. Seules une PME sur quatre dispose d’un plan de transition énergétique, quand deux tiers des grandes entreprises en ont déjà un. « Les petites structures n’ont pas toujours les moyens humains ni techniques pour se lancer, souligne Marc Do Van Tuan. C’est là que notre rôle d’accompagnement prend tout son sens : leur montrer que la transition peut commencer par des gestes simples, efficaces, et souvent rentables ».

Les motivations à agir restent d’abord économiques. Huit dirigeants sur dix citent la réduction des coûts d’énergie comme premier moteur, devant la conformité réglementaire, en particulier avec la nouvelle directive européenne CSRD (Directive relative à la publication d'informations en matière de durabilité par les entreprises). La réduction des émissions de gaz à effet de serre arrive plus loin, tandis que l’amélioration de la marque employeur n’est mentionnée que par un dirigeant sur cinq. « Ce n’est pas contradictoire, commente Marc Do Van Tuan. La performance environnementale et la performance économique vont de pair. Être économe en énergie, c’est être plus compétitif et plus durable ».

Les actions engagées se concentrent encore sur les solutions les plus accessibles. Quatre entreprises sur cinq ont remplacé leur éclairage par des LED. La majorité a régulé ses systèmes de chauffage et de ventilation. Près de la moitié a réalisé un diagnostic énergétique et un tiers un bilan carbone. En revanche, les projets de production d’énergie sur site, l’installation de pompes à chaleur ou les rénovations thermiques restent marginaux.

Lever les freins à la transition

Les freins sont connus : le coût des investissements, le manque de temps, la complexité administrative et le manque de compétences. Plus d’un tiers des entreprises déclarent n’avoir aucun plan d’action prévu à court terme. « Ce n’est pas de la mauvaise volonté, note Marc Do Van Tuan. Beaucoup d’entreprises ont besoin d’être guidées, rassurées et accompagnées pour franchir le pas ».

L’étude montre aussi que seule une entreprise sur trois bénéficie aujourd’hui d’un accompagnement sur ces sujets. Aucun acteur ne se démarque : l’Ademe, les collectivités, les chambres consulaires, les banques ou encore les fournisseurs d’énergie interviennent chacun à leur niveau. Les subventions publiques restent la solution de financement la plus utilisée, mais de nouvelles approches, comme le tiers-investissement ou le leasing, progressent, car elles permettent de réaliser des travaux sans peser sur la trésorerie.

Ainsi, le baromètre 2025 souligne une double réalité : les entreprises bourguignonnes sont désormais convaincues de la nécessité d’agir, mais la transition reste encore à organiser. Pour Marc Do Van Tuan, le défi est collectif : « Notre rôle, en tant que banque de territoire, c’est d’aider à transformer cette prise de conscience en actions concrètes. La question n’est plus de savoir si la transition aura lieu, mais comment nous allons la réussir, ensemble ».

Au terme de cette présentation, le message du Crédit Agricole Centre-Est est clair : la transition énergétique se fera dans la durée, au plus près des réalités de chaque entreprise. « Notre métier, c’est d’apporter de la confiance, a résumé Marc Do Van Tuan. Nous devons transformer une contrainte en opportunité, en aidant chacun à trouver son propre rythme ». Et de conclure : « La question n’est plus de savoir si nous devons changer, mais comment nous allons le faire, ensemble ».