Un premier week-end de l’installation bien rempli en Grand-Autunois-Morvan !
Fin octobre, le premier week-end de l’installation du Grand Autunois-Morvan a accueilli quatre porteurs de projets. Une initiative originale qui leur a permis de découvrir le territoire, sa dynamique agricole et des fermes à reprendre.
Les 25 et 26 octobre dernier, la Communauté de Communes du Grand Autunois Morvan (CCGam), en partenariat avec la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire, organisait le tout premier week-end de l’installation agricole du territoire.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique impulsée dans l’Autunois-Morvan. Le territoire est en effet en avance sur le plan agricole et alimentaire, introduisait Marie-Claude Barnay, présidente de la CCGam. Le point de départ de cet élan collectif était la sauvegarde de l’abattoir communautaire en 2019. Avec la profession, représentée par la CSEA de la FDSEA, la CCGam a instauré une commission agricole composée de professionnels et d’élus. Cette commission, à laquelle participe également la DDT 71, est un peu « le laboratoire de l’agriculture et de l’alimentation », présentait Fabrice Voillot, vice-président de la CCGam. La réflexion conduite autour de l’outil d’abattage a fait naître une envie de relocaliser la production en favorisant l’approvisionnement local et les circuits courts. Ce projet a trouvé sa place dans le Plan alimentaire territorial (PAT) déployé sur le territoire. Le socle de ce plan est l’approvisionnement en produits locaux de la restauration collective du Gam (1.200 repas par jour plus portage de repas à domicile). 30 à 35 % de produits locaux composent aujourd’hui les menus des 35 cantines du GAM. « Cela équivaut à un demi-million d’euros fixé sur le territoire », faisait valoir Fabrice Voillot. Dans cette même dynamique, le territoire s’est enrichi d’un GIEE — groupe d’agriculteurs qui expérimentent et innovent ensemble. Des filières courtes liant producteurs, restauration collective et grande distribution ont vu le jour ainsi qu’un magasin de producteurs.
Le défi du renouvellement des générations
Le GAM a toujours été un territoire très attaché à son agriculture, témoignait l’élue Marie-Claude Barnay qui affirmait aussi que « sans le monde agricole, les paysages ne seraient pas ce qu’ils sont ». Grâce à l’agriculture, « il fait bon vivre en Autunois-Morvan », rendait-elle hommage. Des propos corroborés par un potentiel touristique de 230.000 nuitées, synonyme « d’économie induite », soulignait Véronique Pacaut, vice-présidente de la CCGam. L’élue en charge du tourisme faisait valoir un patrimoine riche, une précieuse verdure tout autour et une agriculture diversifiée, jusqu’au vignoble du Couchois.
Si les vertus de l’agriculture font consensus au sein du Gam et « qu’il s’y fait plein de choses », ce territoire pourtant accueillant pour le métier n’échappe pas au problème de renouvellement des générations. « Nous comptons une dizaine d’installations aidées par an pour un total d’environ 750 agriculteurs dont 40 % ont plus de 55 ans et la moitié n’ont pas de repreneur », indiquait Fabrice Voillot. À l’échelle de toute la Saône-et-Loire, 1.450 exploitations sont détenues par des plus de 58 ans alors que le nombre d’installations annuel est de 80, confirmait Luc Jeannin, président de la chambre d’agriculture.
Quatre porteurs de projets invités
C’est pour répondre à ce besoin urgent de nouveaux agriculteurs que ce premier week-end de l’installation a vu le jour. Durant deux jours, les porteurs de projets étaient invités à venir découvrir le territoire, sa dynamique, ses acteurs du monde agricole. Pour cette première, quatre porteurs de projets, tous inscrits au répertoire à l’installation, étaient les hôtes de la CCGam. Un groupe volontairement restreint pour la qualité des échanges, et hébergé dans un gîte sur les hauteurs de Roussillon-en-Morvan où furent organisées les soirées du vendredi et du samedi. Les candidats ont notamment visité trois exploitations à reprendre : une exploitation maraîchère, une exploitation de polyculture-élevage de bovins et une autre exploitation diversifiée dans les poules pondeuses et les chèvres avec transformation fromagère. Le programme comprenait aussi la visite du magasin de producteurs La Station Fermière à Autun et une soirée de rencontres avec les partenaires agricoles et des jeunes installés (Cuma, Service de Remplacement, JA, Crédit Agricole, GIEE…).
« On ne fera plus comme nos grands-parents… »
Parlant au nom du président des JA 71 et responsable installation à la chambre d’agriculture, Maxime Bonnot, Luc Jeannin indiquait que le point accueil installation de Saône-et-Loire accueille 350 jeunes par an dont 80 seulement s’installent pour de bon, soulignait-il. Un constat qui assigne à « un devoir d’accompagner la réflexion des candidats », affirmait le président de la chambre d’agriculture. D’autant « qu’on a changé de jeunesse avec des jeunes qui comptent leurs heures, donnent davantage de place aux femmes, veulent préserver leur vie de famille… On ne fera plus comme nos grands-parents », résumait Luc Jeannin. Dans les moments les plus difficiles, beaucoup d’agriculteurs ont laissé leurs enfants choisir un autre métier. Ce « changement radical » impose aujourd’hui d’accueillir de nouveaux publics, hors cadre familial, avec de nouveaux projets. « On a besoin de toutes les agricultures », lançait Fabrice Voillot. « Et soyons sérieux pour les accompagner, car il y a besoin d’une réalité économique », complétait Luc Jeannin.
Les porteurs de projets ont apprécié la démarche
Venus de la région de Villefranche-sur-Saône (69), Nadine et Jérôme ont un projet diversifié dans l’apiculture et les légumineuses en transformation et vente directe. Après avoir mené une activité artisanale florale pendant plus de vingt ans, le couple a souhaité tourner la page pour une meilleure qualité de vie. Titulaire d’un BTSA horticole et commercial, Jérôme s’est inscrit à plusieurs répertoires à l’installation dont celui de la Saône-et-Loire. Originaires de Côte-d’Or, Amélie et Thierry ont un projet d’installation en élevage ovin et bovin allaitant. Thierry se destine plutôt à l’atelier ovin tandis qu’Amélie rêve de conduire un troupeau de charolaises. Tous deux affichent un goût prononcé pour la technique. En quête d’une ferme à reprendre, le jeune couple venait de participer au même genre de week-end dans le Cantal. « Le principe est très bon », apprécient les deux jeunes porteurs de projet qui avouaient avoir un faible pour la Saône-et-Loire.